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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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J’cn crains parmi le peuple un insolent murmure :Ils ont dit que Sylla quitte sa dictature,

Que vous seul refusez les douceurs de la paix,

Et voulez une guerre à ne finir jamais.

Déjà de nos soldats l’âme préoccupéeMontre un peu trop de joie à parler de Pompée,Et si l’erreur s’épand jusqu’en nos garnisons,

Elle y pourra semer de dangereux poisons.

SERTORIUS.

Nous en romprons le coup avant qu’elle grossisse,Et ferons par nos soins avorter l’artifice.

D'autres plus grands périls le ciel m’a garanti.

' PF.RPENNA.

Ne ferions-nous point mieux d'accepter le parti,Seigneur? Trouvez-vous l’offre ou honteuse ou malSERTOitrus. [sure?

Sylla peut en effet quitter sa dictature;

Mais il peut faire aussi des consuls h son choix,De qui la pourpre esclave agira sous ses lois ;

Et, quand nous n'en craindrons aucuns ordres sinis-Nous périrons par ceux de ses lâches ministres, [très,Croyez-moi, pour des gens comme vous deux et moi,(lien n’est si dangereux que trop de lionne foi.Svlla par politique a pris cette mesureDe montrer aux soldats l’impunité fort sûre ;

“Mais pour Cinna, Carhon, le jeune Marins,

Il a voulu leur tête, et les a tous perdus, [donne,Pour moi, que tout mon camp sur ce hruit m’aban-Qu’il ne reste pour moi que ma seule personne,

Je me perdrai plutôt dans quelque affreux climat,Qu’aller, tant qu’il vivra, briguer le consulat.Vous...

PEUPENNA.

Ce n’est pas, seigneur, ce qui me met en pei ne.Exclus du consulat par l’hymen d’une reine,

Du moins si vos bontés m’obtiennent ce bonheur,Je n’attends plus de Rome aucun degré d’honneur ;Et, banni pour jamais dans la Lusitanie,

J’y crois en sûreté les restes de ma vie.

SERTORIUS.

Oui ; mais je ne vois pas encor de sûretéA ce que vous et moi nous avions concerté.

Vous savez que la reine est d’une humeur si fiè.re...."Mais peut-être le temps la rendra moins altière.Adieu : dispensez-moi de parler là-dessus.PERPEIOA.

tariez, seigneur : mes vœux sont-ils si mal reçus ?Est-ce en vain quejel’aime, en vain que je soupire?

SERTORIUS.

Sa retraite a plus dit que je ne puis vous dire.

PERPEXNA.

Elle m’a dit beaucoup : mais, seigneur, achevez,Et ne me cachez point ce, que vous en savez.

Ne m auriez-vous rempli que d’un espoir frivole?sertorii s.

Non je vous l'ai cédée, et vous tiendrai parole.

T K IV, SCÈNE 111.

Je l’aime, et vous la donne encor malgré mon lèu;Mais je crains que ce don n’ait jamais son aveu,Qu’il n’attire sur nous d’impitoyables haines.

Que vous dirai-je enfin ? T,’Espagne a d’autres reines;

Et vous pourriez vous faire un destin bien plus doux,Si vous faisiez pour moi ce que je fais pour vous-Celle des Vacéens, celle des Ilergètes,

Rendraient vos volontés bien plus tôt satisfaites ;La reine avec chaleur saurait vous y servir.PERPENNA.

Vous me l’avez promise, et me l’allez ravir!

SERTORIUS.

Que sert que je promette et que je vous la donne,Quand son ambition l’attache à ma personne ?Vous savez les raisons de. cet attachement,

Je vous en ai tantôt parlé conlldemment;

Je vous en fais encor la même confidence.

Faites à votre amour un peu de violence ;

J’ai triomphé, du mien ; j’y suis encor tout prêt :Mais, s’il faut du parti ménager l'intérêt,

Faut-il pousser à bout une reine obstinée,

Qui veut faire à son choix toute sa destinée,

Et de qui le secours, depuis plus de dix ans,

Nous a mieux soutenus que tous nos partisans ?PERPENNA.

T-a trouvez-vous, seigneur, eu état, de vous nuire :

SERTORIUS.

Non, elle ne peut, pas tout à fait, nous détruire;Mais, si vous m’enchaînez à ce que j’ai promis,Dès demain elle traite avec nos ennemis. [mu |t,;Leur camp n’est que trop proche; ici chacun niiU'Jugez ce qu’il faut craindre en cette conjoncture-Voyez quel prompt remède on y peut, apporter,

Et quel fruit nous aurons de la violenter.

VER PE N N.A.

C’est à moi de me vaincre, et la raison l’ordoiun ■Mais d’un si grand dessein lotit mon cœur qui |I|Ssertorius. [sonne--

Ne vous contraignez point; dût m’en coûter le j 0 " 1 ’Je tiendrai ma promesse en dépit de l’amour.perpenna.

Si vos promesses n’ont, l’aveu de Yiriate...

SERTORIUS.

Je ne puis de sa part rien dire qui vous Halle-

PERPENNA.

Je dois donc me contraindre, et j’y suis résolu-Oui, sur tous mes désirs je me rends absolu ; IM ,’J’en veux, à votre exemple, être aujourd'hui h’ un ^Et, malgré cet amour que j’ai laissé, trop crodn,Vous direz à la reine...

SERTORIUS.

Eh bien! je lui <l' i:l1 -

PURPKNNA. j

Rien, seigneur, rien encor; demain j y pense 1Toutefois la colère'où s'emporte son aine (iFourrait dès celle nuit commencer quelque tm