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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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SEP.TORILS, A CT K V, SCÈNE VI.

Il serait moins coupable à m’avoir moins aimée;

Kt comme je n’ai point les sentiments ingrats,

Je lui veux conseiller de ne m’épouser pas.

Ce serait en son lit mettre son ennemie,

Pour être à tous moments maîtresse de sa vie ;

Kt je me résoudrais à eet excès d’honneur,

Pour mieux choisir la place à lui percer le coeur.Seigneur, voilà l’effet de ma reconnaissance.

Du reste, ma personne est en votre puissance :Vous êtes maître ici ; commandez, disposez,

Kt recevez enfin ma main si vous Posez.

PERPENNA.

Moi ! si je Poserai ! Vos conseils magnanimesPouvaient perdre moins d’art à m’étaler mes crimes:.l’en connais mieux (pie vous toute l’énormité,

Kt pour la bien connaître ils m’ont assez coûte.

On ne s’attache point, sans un remordsA tant de perfidie et tant d’ingratitude :

Pour vous je l’ai dompté, pour vous je l’ai détruit ;.Ken ai l’ignominie, et j’en aurai le fruit.

Menacez mes forfaits et proscrivez ma tête,

De ces mêmes forfaits vous serez la complète;

Kt n’eùt tout mon bonheur que deux jours à durer,Vous n’avez dès demain qu’à vous y préparer,.l’accepte votre haine, et l’ai bien méritée;

.l’en ai prévu la suite, et j’en sais la portée.

Mon triomphe...

SCÈNE V.

PKRPKNNA ,* ARISTIE, A IRIATK , ATTIDK,AUC AS, Tll AAI l!\K.

SCÈNE VI.

POMPriK, PERPKNNA, VIRIATE, ARISTIK.OKKSIIS , ARCAS, TIIAMIRK.

PEllPENKA.

Seigneur, vous aurez su ce (pie je viens de faire.Je vous ai de la paix immolé l’adversaire,I/ainant de votre femme, et ce. rival fameuxQui s'opposait partout au succès de vos vcrux.

Je vous rends Aristie, et finis cette crainteDont votre Ame tantôt se montrait trop atteinte;Kt je vous affranchis de ce jaloux ennuiQui ne pouvait la voir entre les liras d’autrui.

Je fais plus; je vous livre une lière ennemie.Avec tout son orgueil et sa Lusitanie;

Je vous en ai fait maître, et de tous ces RomainQue déjà leur bonheur a remis en vos mains.Comme en un grand dessein, et qui veut prompt'"On ne s’explique pas avec la multitude, ftud e ’Je n’ai point cru, seigneur, devoir apprendre à t""”Celui d’aller demain me rendre auprès de vous;"Mais j’en porte sur moi d’assurés témoignages.Ces lettres de ma foi’vous seront de bons gageaiKt vous reconnaîtrez, par leurs perfides traits.Combien Rome pour vous a d’ennemis secrets,Qui tous, pour Aristie, enflammés de vengeanceAvec Sertorius étaient .d'intelligence.

Lisez.

(Il lui donne les lellres i|u’Arislie avait apportées J 1 'à Serlorius.)

APPUIE.

Seigneur, Pompée est arrivé,

Nos soldats mutinés, le peuple soulevé.

La porte s’est ouverte à son nom, à son ombre.Nous n’avons point d’amisqui 11e cèdent au nombre :Antoine et Manlius, déchirés par morceaux, [veaux.Tout morts et tout sanglants, ont encor desbour-()n cherche avec chaleur le reste des complices,Que lui-même il destine à de pareils supplices.

Je détendais mon poste, il l’a soudain forcé,

Kt de sa propre main vous me voyez percé;

Maître absolu de tout, il change ici la garde.Pensez à vous, je meurs; la suite vous regarde.AUISTIK.

Pour quelle heure, seigneur, faut-il se préparerV ce rare honlieur'qu’il vient vous assurer .’Avez-vous en vos mains un assez bon otage,

Pour faire vos traités avec grand avantage?

PERTES N.A.

C’est prendre en ma faveur un peu trop de souci,Aladame; et j’ai de quoi le satisfaire ici.

AUISTIK.

Quoi, scélérat! quoi, facile! oses-tu bien ■

l’KUPEXW.

Madame, il est ici votre maître et le mien;

Il faut en sa présence un peu de modestie,

Kl si je vous oblige à quelque repartie,

La faire sans aigreur, sans outrages mêles,

Kt 11e point oublier devant, qui vous parlez.

Vous voyez là, seigneur, deux illustres rival'"’Que cette perte anime à des haines égales,.lusques au dernier point elles m’ont outrage;Alais, puisque je vous vois, je suis assez venge-Je vous regarde aussi comme un dieu tutélan'C.

Kt 11e puis.... Mais, ô dieux ! seigneur, qu'allez - ' 0,1 ,

[fan”-'

POVII’KK, après .ivoir lirûlé les lellres sans les lire.outrer d’un tel secret ce que je veux savoir-vous m’aviez connu, vous l’auriez su prévu"’-^Rome en deux factions trop longtemps partage 1’y sera point pour moi de nouveau replongée,f quand Sylla lui rend sa gloire et son lionne " 1 •! n’y remettrai point le carnage et l’horreiu-yez. Celsus.