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PRÉFACE RE VOLTAIRE.
Il ne faut guère en croire sur un ouvrage ni l’au-teur ni ses amis, encore moins les critiques préci-pitées qu’on en fait dans la nouveauté. Kn vainCorneille dit dans sa préface que cette pièce égaleou passe la meilleure des siennes; en vain Fonte-nelle fait l’éloge A'Othon ; le temps seul est jugesouverain ; il a banni cette pièce du théâtre. 11 ena sans doute une raison qu’il faut chercher; je n’enconnais point de meilleure que l’exemple de Jirl-tannicus. Le temps nous a appris que, quand onveut mettre la politique sur le théâtre, il faut latraiter comme Racine, y jeter de grands intérêts,des passions vraies, et de grands mouvements d’é-loquence, et que rien n’est plus nécessaire qu’unstyle pur, noble, coulant et égal, qui se soutienned’un bout de la pièce à l’autre. Voilà tout ce quimanque à Othon.
Avouons que cette tragédie n’est qu’un arrange-ment de famille; on ne S’y intéresse pour personne:il y est beaucoup parlé, d’amour, et cet amour mêmerefroidit le lecteur. Lorsque ce ressort, qui devraitattacher, a manqué son effet, la pièce est perdue.
Il est dit dans l’Histoire du théâtre, à l’articleOthon , que Corneille relit trois fois le cinquièmeacte : j’ai de la peine à le croire; mais si la choseest vraie, elle prouve qu'il fallait le refaire unequatrième fois, ou plutôt qu'il était impossible detirer un cinquième acte intéressant d’un sujet ainsiarrangé. Corneille ne refit pas trois fois la premièrescène du premier acte , qui est pleine de très-grandes beautés. Quand le sujet porte l’auteur, ilvogue à pleines voiles; mais quand l’auteur portele sujet, quand il est accablé du poids de la diffi-culté, et refroidi par le défaut d’intérêt qu’il nepeut se dissimuler à lui-même, alors tous ses ef-forts sont inutiles. Corneille pouvait être d’abordéchauffé par le beau portrait que lait Tacite de lacour de Cal ha , et par le discours qu’il prête à cetempereur.
Ce nom de Rome était encore quelque clioM'd’important. Corneille avait assez d’invention J" 1 " 1former une intrigue de cinq actes; mais tout eel"n’avait rien d’attachant ni de tragique. Il le seid'jsans doute plus d une fois en composant; et quai"il fut au cinquième acte, il se vit arrêté : il s’a|"‘ rçut trop tard que ce n’était, pas là une tragédieRacine, lui-même aurait échoué dans un ""F 1pareil.
AL LECT F UH.
•Si mes amis ne me trompent, cette pièce <'g a J lou passe la meilleure des miennes. Quantité 1suffrages illustres et solides se sont déclarés P 1 ’ 11 ',elle; et, si j’ose y mêler le mien, je vous dirai q" 1vous y trouverez quelque justesse dans la coud" 1,1 ;et un peu de bon sens dans le raisonnement. Q 113 ''.aux vers, on n’en a point vu de moi que j’aievailles avec plus de soin. Le sujet est tiré de L^cite, qui commence ses Histoires par celle-® 1 > .je n’en ai encore mis aucune sur le théâtre a <1^j’aie gardé plus de fidélité et prêté plus d’ii"tion. Les caractères de ceux que j’y fais pai'l el ^sont les mêmes (pie chez cet incomparable al j-.,-,que j’ai traduit tant qu’il m’a été possible-^tâché de faire paraître les vertus de montout leur éclqt, sans en dissimuler les vices. _plus que lui ; et je me, suis contenté de les aîmer à une politique de cour, où, quand le so"'rain se plonge dans les débauches, et que sa ta^ ^n’est qu’à ce prix, il y a presse à qui sera ^partie, .l’y ai conservé les événements, et P* ^liberté de changer la manière dont ils arn' ,pour en jeter tout le crime sur un méchant ho» ^qu’on soupçonna dès lors d’avoir donné des m ^secrets pour la mort de Vinius, tant le |ir i'VÉ ,. ( >était forte et déclarée! Othon avait l"'°" llS ( q |() j-consul d’épouser sa fille, s’il le pouvait hm e v qsir à Galba pour successeur; et comme i ^empereur sans son ministère, il se crut <