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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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OTHON, ACTE 1, SCÈNE 1.

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<*ette promesse, et ne l'épousa point. Je n’aii>as voulu aller plus loin que l’histoire ; et je puis‘^e qu’on n’a point encore vu de pièce où il sel’fnpose tant de mariages pour n’en conclure au-Cl| n. Ce sont intrigues de cabinet qui se détruisent. s unes les autres. J’en dirai davantage quand"tes libraires joindront celle-ci aux recueils qu’ils0,,t faits de celles de ma façon qui l’ont précédée.

PERSONNAGES.

"ALltA, empereur de Home.

'EA'Il'S, consul.

"thon, sénateur romain, amant de l’Iautim*.

“ICrs, préfet du prétoire.

JjAMlLL E, nièce de Galba.

^■ACTIXE, fille de Viuius, amaule d’Othon.

•URTIA K, atfranciii de Galba,ami d’Oihon.

jylH.ANE, sœur d’Albin, et dame d’Iionneur de Gamille.’*-AVlE, amie de IMaiiliue.

ATu crs .

RL’TilÉ‘ ’ [soldais romains.

La scène esta Home, dans le pa ai» impérial.

ACTE PREMIER.

SCÈNE PREMIÈRE.

OTHOX, \I.15IN.

ALBIN.

^oirc amitié, seigneur, me rendra téméraire :e H abuse, et je sais que je vais vous déplaire,vous condamnerez ma curiosité;

; 'ai s je croirais vous faire une infidélité,

'Je vous cachais rien de ce que j’entends direvotre amour nouveau sous ee nouvel empire.On s’étonne de voir qu’un homme tel qifOthou,^l'on,dont les hauts faits soutiennent le grand nom,>a *gne d’un Miiius se réduire à la fille,

' '"tache à ce consul, qui ravage, qui pille,

' peut tout, je l’avoue, auprès de l’empereur,dont tout le pouvoir ne sert qu’à faire horreur,^

OTllON

"nt jamais bien conçu ce que c’est cpie la cour.

1,1 homme tel que moi jamais ne s’en détache;'"est point de retraite ou d’ombre qui le cache ;

Sl «lu souverain la laveur n’est pour lui,

ou qu’il périsse, ou qu il prenne un appui

uit d’autant plus, que plus on le voit croître,e «lue l’on doit d’amour aux vertus de son maître.

‘ ei, v qu’on voit s’étonner de ce nouvel amour

Quand le monarque agit par sa propre conduite,Aies pareils sans péril se rangent à sa suite ;

I,e mérite et le sang nous y font discerner :

Afais quand le potentat se laisse gouverner,

Et que de son pouvoir les grands dépositairesN’ont pour raison d’état que leurs propres affaires,Ces lâches ennemis de tous les gens de cœurCherchent à nous pousser avec toute rigueur,

A moins que notre adroite et prompte servitudeNous dérobe aux fureurs de leur inquiétude.

fiitot que de Calba le sénat eut fait choix,

Dans mon gouvernement j’en établis les lois,

El je fus le premier qu’on vit au nouveau princeDonner toute une armée et toute une province :Ainsi je me comptais de ses premiers suivants.Mais déjà Viuius avait pris les devants;

Marlinn l’affranchi, dont tu vois les pillages,Avait avec Lacus fermé tous les passages ;

On n’approchait de lui que sous leur hou plaisir.J’eus donc pour m’y produire un des trois à choisir.Je les voyais tous trois se hâter sous un maîtreQui, chargé d’un long âge, a peu de temps à l’être,Et tous trois à l’envi s'empresser ardemment\ qui dévorerait ce règne d’un moment. [dre,J’eus horreur des appuis qui restaient seuls à pren-.l'espérai quelque temps de m’en pouvoir défendre ;Mais quand Nvmphidius dans Rome assassinéFit place au favori qui l’avait condamné,

Que Lacus par sa mort fut préfet du prétoire,Que pour couronnement d’une action si noireLes mêmes assassins furent encor percerLarron, Turpilian, Capiton, et Alacer,

Je vis qu’il était temps de prendre mes mesures,Qu’on perdait de Néron toutes les créatures,

Et que, demeuré seul de toute cette cour,

V moins d’un protecteur j’aurais bientôt mon tourJe choisis Viuius dans cette défiance;

Pour plus de sûreté j’en cherchai l’alliance.

Les autres n’ont ni sœur ni fille à me donner;

Et d’eux sans ce grand nœud tout est à soupçonner.ALBIN.

\ os vœnx lurent reçus?

OTHO-N .

Oui ; déjà i liyménceAurait avec Plautine uni ma destinée,

Si ces rivaux d’état n’en savaient divertirUn maître qui sans eux n’ose rien consentir.

ALBIN.

Ainsi tout votre amour n’est qu’uue politique?

Et le cœur ne sent pointée que la bouche explique?OTHON.

Il ne le sentit pas, Albin, «lu premier jour;

Niais cette politique est devenue amour : [scrupulesTout m’en plaît, tout m’en charme, et mes premiersPrès d’un si cher objet passent pour ridicules.Viuius est consul, A'iniu.s est puissant;