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0T110N, ACTE
D’ajouter, s’il le faut, votre perte h la mienne?Apprenez que des cœurs séparés à regretTrouvent de se rejoindre aisément le secret.
Otlion n’a pas pour elle éteint toutes ses flammes ;
Il sait comme aux maris on arrache les femmes;
Cet art sur son exemple est commun aujourd’hui,
Et son maître Néron l’avait appris de lui.
Après tout,je me trompe, ou près de cette helle....MABTIAN.
J’espère en Yinius, si je n’espère en elle ;
Et l’offre pour Otlion de lui donner ma voixSoudain en ma faveur emportera son choix.
lacus. j
Quoi ! vous nous donneriez vous-même Otlion pour jmautian. [maître?
Et quel autre dans Rome est plus digne de l’être?
LACUS.
Ah ! pour en être digne, il l’est, et plus que tous;Mais aussi, pour tout dire, il en sait trop pour nous.
Il sait trop ménager ses vertus et ses vices.
Il était sous Néron de toutes ses délices :
Et la Lusitanie a vu ce même OtlionGouverner en César et juger en Caton.
Tout favori dans Rome, et tout maître en province,De lâche courtisan il s’y montra grand prince;
Et son âme ployante, attendant l’avenir,
Sait faire également sa cour, et la tenir.
Sous un tel souverain nous sommes peu de chose ;Son soin jamais sur nous tout à fait ne repose :
Sa main seule départ ses libéralités ;
Son choix seul distribue états et dignités. |
Du timon qu’il embrasse il se fait le seul guide,Consulte et résout seul, écoute et seul décide;
Et, quoi que nos emplois puissent faire de bruit,Sitôt qu’il nous veut perdre, un coup d’œil nous dé-truit.
Voyezd’ailleursGalba,quel pouvoirilnouslais.se, jEn quel poste sous lui nous a mis sa faiblesse. !Nosordres règlent tout, nous donnons, retranchons;Rien n’est exécuté dès que nous l’empêchons :Comme par un de nous il faut que tout s’obtienne,Nous voyons notre cour plus grosse que la sienne ;
Et notre indépendance irait au dernier point,
Si l’heureux Vinius ne la partageait point :
Notre unique chagrin est qu’il nous la dispute.L’âge met cependant Galba près de sa chute ;
De peur qu’il nous entraîne il faut un autre appui,Mais il le faut pour nous aussi faible que lui.
Il nous en faut prendre un qui, satisfait des titres,Nous laisse du pouvoir les suprêmes arbitres.
Pison a l’âme simple et l'esprit abattu ;
S’il a grande naissance, il a peu de vertu :
Non de cette vertu qui déteste le crime ;
Sa probité sévère est digne qu’on l’estime ;
Elle a tout ce qui fait un grand homme de bien :Mais en un souverain c’est peu de chose, ou rien.
II, SCÈNE V.
Il faut de la prudence, il faut de la lumière,
Il faut de la vigueur adroite autant que hère,
Qui pénètre, éblouisse, et sème des appas ..
Il faut mille vertus enfin qu’il n’aura pas.Lui-même il nous priera d’avoir soin de l'empire.Et saura seulement ce qu’il nous plaira dire :Plus nous l’y tiendrons bas, plus ilnous mettra liauCEt c’est là justement le maître qu’il nous faut.
MAUTIAN.
Mais, seigneur, sur le trône élever un tel homme.C’est mal servir l’état, et faire opprobre à Rome-
LACUS.
Et qu’importe à tous deux de Rome et de l’état ;Qu’importe qu’on leur voie ou plus oumoins d’éclat-Faisons nos sdretés, et moquons-nous du reste.Point,pointdebienpublics’il nousdevient funeste-De notre grandeur seule ayons des coeurs jaloux ,Ne vivons que pour nous, et ne pensons qu’à nous-Je vous le dis encor : mettre Otlion sur nos têtes.C’est nous livrer tous deux à d’horribles tempêtes-Si nous l’en voulons croire, il nous devra le tout •Mais de ce grand projet s’il vient par nous à bout»Vinius en aura lui seul tout l’avantage.
Comme il l’a proposé, ce sera son ouvrage ;
Et la mort, ou l’exil, ou les abaissements,
Seront pour vous et moi ses vrais remercîments-MABTIAN.
Oui, notre sûreté veut que Pison domine :Obtenez-en pour moi qu’il m’assure Plautine;
Je vous promets pour lui mon suffrage à ce pi’ 1 *'La violence est juste après de tels mépris.Commençons à jouir par là de son empire,
Et voyons s’il est homme à nous oser dédire.
I.ACUS.
Quoi ! votre amour toujours fera son capitalDes attraits de Plautine et du nœud conjugal ?
Eh bien! il faudra voir qui sera plus utileD’en croire.... Niais voici la princesse Camille-
SCÈNE V.
CAMILLE, LACUS, MARTI AN, ALRlAN^
CAMILLE.
Je vous rencontre ensemble ici fort à propos,
Et voulais à tous deux vous dire quatre mots.
Si j’en crois certain bruit que je ne puis vous w 1 ’Vous poussez un peu loin l’orgueil du miuish 1On dit que sur mon rang vous étendez sa loi,
Et que vous vous mêlez de disposer de moi-
MABTIAN.
Nous, madame?
C V MIL LE.
Faut-il que je vous obéisse, ^Moi, dont Galba prétend faire une impératrice-