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Tome premier.
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DE PAUL-LOUIS COURIER. g

« plus solide. Je n’aurai jamais une grande connaissance« de l’histoire , qui exige bien plus de lectures; mais j’y« gagnerai autre chose qui vaut mieux selon moi. » C’estainsi que Courier a étudié toute sa vie; tel a été aussipresque invariablement son peu de goût pour l’histoire.Il ne l’a jamais lue pour le fond des évèncmens, maispour les ornemens dont les grands écrivains de Fanti-quité l’ont parée. Bonaparte, tout jeune, avait deviné lapolitique et la guerre dans Plutarque. Courier, lieutenantd’artillerie, faisait ses délices du même historien ; mais ille prenait comme artiste, comme ingénieux conteur. Lavie d’Ânnibal ne le ravissait que comme Peau-d’âneconté en t charmé La Fontaine. Il a toujours persisté danscette préférence qui semble d’un esprit peu étendu, etcependant, en s’abandonnant à elle, il a su de l’histoiretout ce qu’il lui en fallait pour être un écrivain politiquede premier ordre. Il a beaucoup cité , beaucoup pris entémoignage l’histoire de tous les temps , et toujours avecun sens qui n’appartenait qu’à lui, avec une raison, uneforce, une sûreté d’applications toujours accablantespour les puissances qu’il voulait abattre.

En 1795 on voit Courier, toujours officier subal-terne dans l’artillerie, quitter subitement l’armée devantMayence et rentrer en France sans autorisation du gou-vernement. La misère, les privations, les travaux sanscompensation de gloire et de succès à ce blocus deMayence, sont peut-être la plus rude épreuve qu’aienteu à subir nos armées républicaines : le maréchal Gou-vion-Saint-Cyr en fait dans ses Mémoires une peinturelamentable. A propos de cette campagne Courier a de-puis écrit : « J’y pensai geler, et jamais je ne fus si près