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Tome premier.
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l4 ESSAI SUR I,A VIE ET LES ÉCRITS

« morceau d’un travail exquis, et grec, si je ne me« trompe. Il n’en reste que la base, sur laquelle j’ai écrit« avec un crayon : Lugete, Veneres, Cupidmesque, et les« morceaux dispersés qui feraient mourir de douleur« Mengs et Winckelmann, s’ils avaient eu le malheur« de vivre assez long-temps pour voir ce spectacle.Touto ce qui était aux Chartreux, à la Villa Aîbani, chez les« Farnèse, les Honesti, au muséum démenti, au Capi-« tôle , est emporté, pillé, perdu ou vendu. Des soldats,« qui sont entrés dans la bibliothèque du Vatican, ont« détruit, entre autres raretés, le fameux Térence du« Bembo, manuscrit des plus estimés, pour avoir quel-« ques dorures dont il était orné. Vénus de la Villa Bor-« ghèse a été blessée à la main par quelque descendant« de Diomède, et l’Hermaphrodite, immane ne fus ! a un« pied brisé.»

Qu’on juge de l’effet qu’eussent produit à Paris, en1798, dans certains cercles où l’on se croyait la missionde rallumer parmi nous le flambeau demi-éteint de l’in-telligence , beaucoup de passages de ce genre , expres-sion si vive, si touchante et si gracieuse encore de cequ’éprouvait dans un coin de l’Italie, confondu parmiles dévastateurs de cette infortunée patrie des arts, unjeune officier, amateur exquis de l’antiquité, savant in-connu, écrivain déjà parfait. Car ces premières lettresd’Italie ont toute la verve, toute l’originalité qu’on trouvedans les plus célèbres écrits de l’âge mûr de Courier.Elles sont avec cela d’un goût irréprochable : nulle af-fectation , nulle manière ne s’y fait sentir ; chacuned’elles est un petit chef-d’œuvre d’élégance et de puretéde langage, de convenance de ton, d’éloquence même,