Band 
Tome premier.
Seite
15
JPEG-Download
 

DE PAUL-LOUIS COURIER.

I 5

. toutes les fois que la matière le comporte, comme lors-\ qu’elles peignent l’avilissement du caractère italien , et; sondent si énergiquement, dix ans avant que personneJ y pensât, la plaie de notre révolution, l’esprit d’enva-I' hissement et de destruction plus noblement appelé l’es-l prit militaire. Et cependant celui qui, clans sa droiture

I naturelle, jugeait si bien d’illustres pillages, sur lesquelsla France n’a ouvert les yeux que lorsque, vaincue, onj la paya de représailles, l’homme qui, seul peut-êtreî dans nos armées, écrivait et pensait ainsi, était exposé! chaque jour de sa vie à périr obscurément sous le poi-| gnard italien , victime privée de la haine qu’inspiraient\ les Français. 11 y songeait à peine, disant gâtaient quepour voir l’Italie il fallait bien se faire conquérant, qu’onn’y pouvait avancer un pas sans une armée, et que,puisqu’à la faveur de son harnais, il avait à souhait un’ pays admirable, l’antique, la nature, les ruines de Rome,les tombeaux de la grande Grèce, c’était le moins cju’ilne sût pas toujours où il sérail ni s’il serait le lendemain.On ne saurait conter après lui les périlleuses ren-contres auxquelles ses excursions d’antiquaire , bien plusaue son service d’officier d’artillerie, l’exposèrent tantde fois parmi les montagnards du midi de l’Italie. Por-tant un sabre et des pistolets comme on porte un cha-peau et une chemise, il était toujours à la découverteen curieux, point en héros. Facile à prendre et à dés-armer, il se tirait d’affaire par sa présence d’esprit,son grand usage de la langue italienne, ou par le sacri-fice d’une partie de son bagage ; et le lendemain il allaitaffronter les brigands sans plus de précaution, sans plusde crainte, surtout sans désirs de vengeance. Ces mal-