ESSAI SUR LA VIE ET LES ÉCRITS
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tains principes, sont assez compris par ce qui précède,on ne s-’élonnera point qu’il continuât à servir malgréson peu de goût pour la nouvelle forme de gouvernement établie en France. Courier n’avait jamais aimé larépublique. La Convention l’avait repoussé comme vio-lente et impitoyable. 11 avait méprisé le Directoire commeincapable et vénal. Il n’avait guère éprouvé le bienfaitdu consulat que par le loisir dont trois années de paixl’avaient laissé jouir. Peu porté d’ailleurs à accorder auxactions humaines des intentions bien profondes, il vitmoins dans l’élévation de Bonaparte à l’empire un at-tentat d’ambition qu’un égarement de vanité digne decompassion. Le mot d’usurpation ne lui vint même paspour caractériser l’entreprise du nouveau César, et ilne s’enveloppa point contre lui dans la sombre hained’un Brutus. L’empire avec ses cordons, ses titres, seshautes dignités, ses princes , ses ducs , ses barons, es-tropiant la langue et l’étiquette , sa grotesque fusion dela noblesse des deux régimes, ses conquêtes féodales etses distributions de royaumes, lui parut d’un bout àl’autre une farce parfois odieuse, presque toujours bouf-fonne à l’excès. Dans ses lettres écrites d’Italie de 1803à 1809, il épuise les traits de la plus amère satire contreces généraux devenus des majestés à l’image de l’empe-reur, contre ces états-majors transformés en petites courset livrés à la brigue des parentés, à l’adoration des nomsanciens et des illustrations nouvelles.
Assurément c’est bien là l’époque prise par son côtéridicule ; côté de vérité, oui, mais qui n’est point toute lavérité. L’histoire y saura montrer autre chose. Si l’onnes'attache ici qu’au moindre aspect, celui des travers in-