Dlî PAUL-LOUIS COUP 1ER.
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dividuels , des vanités, du sot orgueil de tant d’honnnesqui, enchaînés à une pensée supérieure , firent, réunis ,de si grandes choses , c’est que cet aspect frappa surtoutCourier. Il faut voir un instant les choses comme il lesvit, pour concevoir en ce qu’elles ont eu de fort excu-sable des préventions qu’on IuLa trop reprochées. L’em-pire avec ses foudroyantes campagnes de trois jours ,ses armées transportées par enchantement d’un bout del’Europe à l’autre, ses trônes élevés et renversés en untrait de plume, son prodigieux agrandissement, sa cala-miteuse et retentissante chute, sera de loin un grandspectacle ; mais de près un contemporain y aura vu desmisères que la postérité ne verra point. Il y a mieux, ilfallait en être à distance pour l’embrasser dans son vasteensemble, qui seul est digne d’admiration. Tant qu’ilexista, ses grandeurs ne furent célébrées que par despréfets ou des poètes à gages, et tel qui paraîtrait aujour-d’hui un esprit libre, en jugeant cette fameuse adminis-tration de Bonaparte comme elle doit l’être, se serait tùpar pudeur sous la censure impériale, ou n’aurait pasvu, comme aujourd’hui, les choses par leur grand côté.Les lettres de Courier tiendront une toute première placeparmi les mémoires du temps; elles font l’histoire mal-heureusement assez triste du moral de nos armées, depuisle moment où Bonaparte eut ouvert à toutes les ambitionsla perspective d’arriver à tout par du dévouement à sapersonne, autant que par des services réels.
Courier se vantait de posséder et de pouvoir publier,quand il le voudrait, comme pièces à l’appui de ses por-traits et de scs récits, un grand nombre de lettres à luiécrites aux diverses époques de la révolution par les