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Tome premier.
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ESSAI SLR LA VIE ET LES ECRITS

maréchaux, généraux, grands seigneurs de l’empire,dévoués depuis 1815 à la maison de Bourbon. On auraitvu, disait-il, les mêmes personnages professer dans ceslettres , et avec un égal enthousiasme, suivant l’ordre desdates révolutionnaires ,• les principes républicains lesplus outrés et les doctrines les plus absolues de la servi-lité ; tenir à honneur d’être regardés comme ennemis desrois, et ramper orgueilleusement dans leurs palais; com-mencer leur fortune en sans-culotte et la finir en habitde cour. Mais ce monument des contradictions politiquesdu temps et de la versatilité humaine dans tous les temps,ne s’est point trouvé dans les papiers de Courier, et laperte assurément n’est pas grande. Le ridicule et l’odieuxméritent peu de vivre par eux-mêmes. C’est le coup depied que leur donne en passant le génie qui les immorta-lise. Les précieuses, les marquis, les faux dévots dutemps de Louis XIV seraient oubliés sans Molière. Peut-être on s’occuperait peu de nos révolutionnaires scapinsdans cinquante ans ; les ravissantes lettres de Courier lesferont vivre plus que leurs lâchetés.

Mais voici qui va bien surprendre de la part de l’hommequ’on a vu jusqu’ici tant détaché des idées de gloire etd’ambition ! Courier sollicitant la protection d’un grandseigneur de l’empire et briguant l’occasion de se distin-guer sous les yeux de l’empereur C’est pourtant ce quiarriva à l’auteur des lettres écrites d’Italie. Il eut son graind’ambition, son quart-d’heure de folie, comme un autre ;la tête aussi lui tourna. Mais cela ne dura guère, il enrevint bientôt avec mécompte et corrigé pour toute savie. Voici l’histoire. Vers la fin de l’année 1808, Courierayant sollicité, sans pouvoir l’obtenir, un congé qui lui