D£ PAUL-LOUIS COURIER.
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permit d’aller prendre un peu de soin de ses affairesdomestiques, avait donné sa démission. 11 arrive à Paris,se donnant aux érudits ses anciens amis comme séparépour jamais de son vil métier , comme ayant de la gloirepar-dessus les épaules. Mais voilà qu’une nouvelle guerrese déclare du côté de l’Allemagne. Les immenses prépa-ratifs de la campagne de 1809 mettent la France entièreen mouvement. Paris est encore une fois agité, transportédans l’attente de quelqu’une de ces merveilles d’activitéet d’audace auxquelles l’empereur a habitué les esprits,et dont les récits plaisent à cette population mobile,comme ceux des victoires d'Alexandre au peuple d’A-thènes. C’était alors le flot le plus impétueux de notredébordement militaire, et Bonaparte, comme porté etpoussé par cet ouragan, brisait et abîmait sous lui detrop impuissantes digues. En ce moment il revenaitd’Espagne, où il lui avait suffi de paraître un instantpour ramener à nous toutes lets chances d’une guerred’abord peu favorable. D'autres armées l’avaient précédévers le Danube, et il y courait en toute hâte, parce quedéjà ses instructions étaient mal comprises, ses ordresmal exécutés. Quel homme alors, en le contemplantau passage, n’eût été atteint de la séduction commune ?Courier ne résista point au désir de voir s’achever cetteguerre qui commençait comme une Iliade. Ce n’étaitpoint un esprit sec, étroit, absolu. Il avait la prompte ethasardeuse imagination d’un artiste. Faire une campagnesous Bonaparte, lui qui n’avait jamais vu que des géné-raux médiocres ; rencontrer peut-être l’homme qu’il luifallait, l’occasion qu’il n’avait jamais eue ; montrer ques’il faisait fi de la gloire, ce n’était pas qu’il ne fut