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Tome premier.
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DE PAUL-LOUIS COURIER.

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lion des aveugles-nés, il prétendait appeler les chosespar leur nom, parler aux puissances-, suivant leurs in-tentions bien connues, et non pas suivant celles qu’uneopposition trop polie voulait bien leur accorder : l’atti-tude était vraiment unique. 1

En tout cela Courier n’obéissait pas moins à l’instinctde son talent qu’à son indignation d’honnête homme etde citoyen, contre un système de persécution qui attei-gnait autour de lui quiconque ne voulait point être per-sécuteur. Son début ne se fit pas long-temps attendre. Aumois de décembre 1816, il adressa aux chambres, poul-ies liabitans de Luynes, la fameuse pétition : Messieurs,je suis Tourangeau : la sensation fut des plus vives. Cen’était que le tableau de la réaction royaliste dans unvillage de Touraine ; mais la France entière s’y pouvaitreconnaître, car partout la situation était la même avecune égale impossibilité de publier la vérité. Courieravait rendu à la nation cet immense service de publi-cité , dans un écrit de six pages fait pour être recherchéde ceux mêmes qui, s’intéressant moins aux victimesqu’aux persécuteurs, se piquaient d’aimer l’esprit engens de cour. Or, c’était là le point : tout dire dans unefeuille d’impression et savoir se faire lire. Courier yavait réussi ; aucune porte fermée n’avait pu empêchercette vérité d’arriver à son adresse. M. Decazes, alorsministre de la police, se servit de la pétition contrele parti extrême qu’il ne gouvernait plus et qui voulaitle renverser lui-même. Il chercha par toutes sortes de

1 L’auteur de cette notice avait déjà le malheur de n’être pas très-par -tisan des prétendues habiletés de l’opposilion suivant la Charte II n'apas changé depuis. (Note des éditeurs.)