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Tome premier.
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DK PAUL-LOUIS COURIER. St)

feuilles publiques appellent le Rabelais de la politique ,le Montaigne du siècle, l’émule heureux de Pascal, l’imi-tateur heureux de tout ce qu’il y a jamais eu d’inimitable.Mais, assez vite , Paul-Louis se rassure ; il s’habitue à saréputation ; il éprouve la sympathie universelle du publicfrançais pour un talent qu’il n’avait connu, lui, que parle laborieux et pénible côté de la composition. A mesurequ’il produit, on peut remarquer son allure plus dégagée,plus libre, sa manière se séparant de plus en plus de celledes écrivains auxquels on a pu d’abord le comparer, jus-qu'à ce qu’enfin elle soit tout-à-fait l’expression de l’ori-ginalité de son esprit et de la trempe un peu sauvage deson caractère. Cet assouplissement graduel est assez mar-qué depuis la lettre à Monsieur Renouard jusqu’au Simplediscours ; mais, depuis le Simple discours jusqu’au Pam-phlet des Pamphlets il l’est bien davantage. C’est là seu-lement que la lente formation de ce talent de premierordre , qui tout à l’heure va disparaître , est accomplie.La maturité peut-être un peu factice des premiers écritsde Courier a fait place à une maturité réelle, dans la-quelle la vigueur est alliée à la grâce et l’originalité laplus âpre au naturel le plus parfait. On voit que ce lumi-neux et mordant génie a rencontré enfin la langue quiconvient à ses amères impressions sur les hommes et leschoses de son temps, et qu’il va marcher armé de toutespièces. Dans le Pamphlet des Pamphlets ce n’est plus unvillageois discourant savamment sur les intérêts publics,c’est Paul-Louis se livrant avec une sorte d’enthou-siasme au besoin de dire sa vocation de pamphlétaire etde la venger des mépris d’une portion de la société. 11s’est mis en cause commune avec Socrate, Prseal, Cicé-