ad rédacteur DU CENSEUR. 11 I
point eu de conspiration. Cependant les têtesétaient coupées. Voilà un furieux pas de clerc ,une bévue qui coûte cher, et que la liberté desjournaux vous eût certainement épargnée. De pa-reilles âneries font grand tort, et voilà ce quec’est que d’enchaîner la presse.
Là-dessus, dit-on, le ministère eut peine à setenir de rire; et M. Pasquier, le lendemain, s’é-gaya aux dépens de l’honorable membre, nonsans cause. Car on pouvait dire à M. BenjaminConstant, oui, les tètes sont à bas, mais mon-seigneur est duc ; il n’en faut plus qu’autant, levoilà prince de plein droit. Les bévues des mi-nistres coûtent cher , il est vrai, mais non pasaux nftnistres. Mieux vaut tuer un marquis, di-sent les médecins, que guérir cent vilains : celavaut mieux pour le médecin ; pour les ministresnon; mieux vaut tuer les vilains , et, selon leursconséquences, les fautes changent de nom. Con-tenter le public, s’en faire estimer est fort bien ;il n’y a nul mal assurément, et Laffitte a raisonde se conduire comme il fait, parce qu’il a be-soin , lui, de l’estime , de la confiance publique ,étant homme de négoce , roturier, non pas duc.Mais le point pour un ministre , c’est de resterministre; et, pour cela, il faut savoir, non ce quis’est fait à Lyon , mais ce qui s’est dit au lever,dont ne parlent pas les journaux. La presse étantlibre, il n’y a point de conspiration, dites-vous ,