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Tome premier.
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112
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T 12

LETTRES

messieurs de gauche. Vraiment on le sait Lien.Mais, sans conspiration, comment sauver l’état,le trône, la monarchie ? et que deviendraient lesagensde sûreté, de surveillance? Comme le scan-dale est nécessaire pour la plus grande gloire deDieu, aussi sont les conspirations pour le maintiende la haute police. Les faire naître , les étouffer ,charger la mine, l’éventer, c’est le grand art duministère ; c’est le fort et le fin de la science deshommes d’état; c’est la politique transcendantechez nous perfectionnée depuis peu par d’excel-lens hommes en ce genre , que l’Anglais jalouxveut imiter et contrefait, mais grossièrement. N’yayant ni complots, ni machinations , ni ramifica-tions, que voulez-vous qu’un ministre Fasse deson génie et de son zèle pour la dynastie? Quelleintrigue peut-on entamer avec espoir de la menerà bien , si tout est affiché le même jour ? Quelletrame saurait-on mettre sur le métier ? Les jour-naux apprennent aux ministres ce que le publicdit, chose fort indifférente ; ils apprennent au pu-blic ce que les ministres font, chose fort intéres-sante, ou ce qu’ils veulent faire, encore meilleurà savoir. Il n’y a nulle parité; le profit est toutd’une part. Outre que les ministres, dès qu’on saitce qu’ils veulent faire, aussitôt ne le veulent oune le peuvent plus faire. Politique connue, poli-tique perdue; affaires d’état, secrets d’état, se-crétaires d’état !. Le secret, en un mot, est