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Tome premier.
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LETTRES

Il4

raison qu’on en donne : ventre n’a point d’oreilles,et il n’est pire sourd... Vous dirai-je ma pensée ?Ce sont d’habiles gens, sages et bien disans,orateurs, en un mot ; mais ils ne savent pas faireusage de l’apostrophe, une des plus puissantesmachines de la rhétorique , ou n’ont pas voulus’en servir dans le cours de ces discussions, parcivilité, je m'imagine, par ce même principe dedécence, preuve de la bonne éducation qu’ils ontreçue de leurs parens ; car l’apostrophe n’est paspolie; j’en demeure d’accord avec M. deCorday.Mais aussi trouvez-moi .une tournure plus vive ,plus animée, plus forte, plus propre à remuerune assemblée , à frapper le ministère , à étonnerla droite, à émouvoir le ventre? L’apos&ophe,monsieur, l’apostrophe, c’est la mitraille de l’élo-quence. Vous l’avez vu, quand Foy, artilleur de

son métier. Sans l’apostrophe, je vous défie

d’ébranler une majorité, lorsque son parti estbien pris. Essayez un peu d’employer, avec desgens qui ont dîné chez M. Pasquier , le syllo-gisme et l’enthymême. Je vous donne toutes lesfigures de Quintilien , tous les tropes de Du-marsais et tout le sublime de Longin ; allez atta-quer avec cela un M. Poyféré de Cerre. Poussez àMarcassus , poussez à Marcellus la métaphore ,l’antithèse, l’hypotypose, la catachrèse ; polissezvotre style et choisissez vos termes ; à la force dusens unissez l’harmonie infuse dans vos périodes,