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Tome premier.
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144 LETTRES PARTICULIÈRES.

mon lieutenant, courons vite l’assommer. C’estdonc un de ces gens qui disent que tout allaitmal du temps de mon grand-père? —Oui. — Ohle mauvais homme ! et je gage qu’il dit que toutva mieux maintenant ? — Oui. —Oh le scélérat.Dites-moi, mon lieutenant ; on va donc rétablirtout ce qui était jadis?— Assurément, mon cher.

— Et ce Benjamin ne veutpas? — Non , le coquinne veut pas. — Et il veut qu’on maintienne cequi est à présent ? —■ Justement. — Quel maraud !Dites-moi, mon lieutenant, ce bon temps-là ,c’était le temps des coups de bâton, de la schlaguepour les soldats ? — Que sais-je, moi ? — C’étaitle temps des coups de plat de sabre ? — Queveux-tu que je te dise? ma foi, je n’y étais pas.

— Je n’y étais pas non plus; mais j’en ai ouïparler; et, s’il vous plaît, il dit, ce monsieur Ben-jamin, que tout cela n’était pas bien ? — Oui. C’estun drôle qui n’aime que sa révolution ; il blâmegénéralement tout ce qui se faisait alors.—Alors,mon lieutenant, nous autres sergens, pouvions-nous devenir officiers? — Non certes, dans cetemps-là. — Mais la révolution changea cela , jecrois, nous fit des officiers, ôta les coups de bâ-ton?— Peut-être; mais qu’importe? — Et ceBenjamin-là, dites-vous, mon lieutenant, ap-prouve la révolution, ne veut pas qu’on remetteles choses comme elles étaient ? — Que de dis-cours ; marchons. — Allez, mon lieutenant; allez