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Tome premier.
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LETTRES PARTICULIÈRES. l45

en m’attendant.—Ah! coquin, je te devine. Tupenses comme Benjamin ; tu aimes la révolution.

— Je hais les coups de bâton. —Tu as tort, monami ; tu ne sais pas ce que c’est. Ils ne déshonorentpoint quand on les reçoit d’un chef ou bien d’uncamarade. Que moi, ton lieutenant, je te donnela bastonnade, tu la donnes aux soldats en qua-lité de sergent; aucun de nous, je t’assure, neserait déshonoré. —Fort bien. Mais, mon lieute-nant , qui vous la donnerait?—-A moi ? personne,j’espère. Je suis gentilhomme. — Je suis homme.

— Tu es un sot, mon cher. C’était comme celajadis. Tout allait bien. L’ancien régime vautmieux que la révolution. — Pour vous, monlieutenant. — Puis, c’est la discipline des puis-sances étrangères : Anglais, Suisses, Allemands,Russes, Prussiens , Polonais , tous bâtonnent lesoldat. Ce sont nos bons amis, nos fidèles alliés ;il faut faire comme eux. Les cabinets se fâche-ront, si nous voulons toujours vivre et nous gou-verner à notre fantaisie. Martin bâton commandeles troupes de la Sainte-Alliance. — Ma foi, monlieutenant, je n’ai pas grande envie de servirsous ce général; et puis , je vous l’avoue, j’aimel’avancement. Je voudrais devenir , s’il y avaitmoyen, maréchal. — Oui, j’entends, maréchaldes logis dans la cavalerie. — Non , ce n’est pascela. — Quoi ? maréchal ferrant? — Non. — Pro-pos séditieux. Tu te gâtes, Francisque. Qui diable

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