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Tome premier.
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LETTRES PARTICULIÈRES.

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mon père, ma mère, ma sœur, mes frères et tousj nos bons voisins? Ah! Paul, où est le temps que; je vivais avec eux et vous, vous souvient-il? la-i bourant mon champ près du vôtre. Combien ne! m’avez-vous pas de fois prêté vos bœufs lorsque| les miens étaient las ! Aussi vous aidais-je à semer,

I ou serrer vos gerbes , quand le temps menaçait

j d’orage. Ah ! bonhomme, si jamais. Comptez

i que vous me reverrez. Dites à mes bons parens! qu’ils me reverront, si je ne meurs. — Tu n’asj donc point, lui dis-je, oublié tes parens ? —Nonplus que le premier jour. — Ni ton pays? —Oh !non. Pays de mon enfance! terre qui m’as vu| naître!—Mon ami, tu es triste. Tu te promènesI seul; tu fuis tes camarades; tu as le mal du pays.

| — Nous l’avons tous, bonhomme Paul.

| Touché de pitié, je m’assieds, et il continue:

| Vous savez, père Paul, comment je vivais cheznous, toujours travaillant, labourant ou façon-nant ma vigne, et chantant la vendange ou ledernier sillon; attendant le dimanche pour fairedanser ma Sylvine aux assemblées de Yéretz oude Saint-Avertin. On m’a ôté de là, pourquoi?pour escorter la procession , ou bien prendre lesi armes lorsque le bon Dieu passe. On m’apprend| la charge en douze temps. A quoi bon? Pourquelle guerre? On s’y prend de manière à n’avoirjamais de querelle avec les puissances étrangères.(Pourquoi donc charger: et sur qui faire feu? Je