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SIMPLE DISCOURS
chacun recevoir des aumônes proportionnées à safortune, tous les honnêtes gens abhorrer le tra-vail et ne fuir rien tant que d’être soupçonnés dela moindre relation avec quiconque a jamais pufaire quelque chose en sa vie, vous rougirez dela charrue, vous renierez la terre votre mère, etl’abandonnerez, ou vos fils vous abandonneront,s’en iront valets de valets à la cour, et vos filles,pour avoir seulement ouï parler de ce qui s’y passe,n’en vaudront guère mieux au logis.
Car, imaginez ce que c’est. La cour... il n’y aici ni femmes ni enfans. Ecoutez : La cour est unlieu honnête, si l’on veut, cependant bien étrange.De celle d’aujourd’hui, j’en sais peu de nouvelles;mais je connais,et qui ne connaît celle du grandLouis XIV, le modèle de toutes, la cour par ex-cellence, dont il nous reste tant de Mémoires,qu’à présent on n’ignore rien de ce qui s’y fit jourpar jour ? C’est quelque chose de merveilleux; parexemple, leur façon de vivre avec les femmes....Je ne sais trop comment vous dire. On se prenait,on se quittait, ou, se convenant, on s’arrangeait.Les femmes n’étaient pas toutes communes à tous ;ils ne vivaient pas pêle-mêle. Chacun avait lasienne, et même ils se mariaient.Cela est hors dedoute. Ainsi je trouve qu’un jour, dans le salond’une princesse, deux femmes au jeu s’étant pi-quées, comme il arrive, l’une dit à l’autre : BonDieu, que d’argent vous jouez ! combien donc vous