I90 SIMPLE DISCOURS ■
ce sont des faits, et m’est avis aussi que vous rai-sonnez mal. Vos maisons périraient, dites-vous,si les choses s’y passaient ainsi. Je le crois. Chezvous on vit de travail, d’économie; mais à lacour on vit de faveur. Chez vous, l’industrie dumari amène tous les biens à la maison, où lafemme dispose, ordonne, règle chaque chose.Dans le ménage de cour , au contraire, la femmeau-dehors s’évertue. C’est elle qui fait les bonnesaffaires. Il lui faut des liaisons, des rapports, desamis, beaucoup d’amis. Sachez qu’il n’y a pas en\ France une seule famille noble, mais je dis noblede race et d’antique origine, qui ne doive sa for-tune aux femmes; vous m’entendez. Les femmesont fait les grandes maisons ; ce n’est pas, comme. vous croyez bien, en cousant les chemises deleurs époux, ni en allaitant leurs enfans. Ce quenous appelons, nous autres, honnête femme,mère de famille, à quoi nous attachons tant deprix, trésor pour nous, serait la ruine du cour-tisan. Quevoudriez-vous qu’il fit d’une dame Ho-nesta , sans amans, sans intrigues, qui, sous pré-texte de vertu, claquemurée dans son ménage ,s’attacherait à son mari? Le pauvre homme ver-rait pleuvoir des grâces autour de lui, et n’at-traperait jamais rien. De la fortune des famillesnobles il en paraît bien d’autres causes, telles quele pillage, les concussions, l’assassinat, les pros-criptions , et surtout les confiscations. Mais qu’on