DE PAUL-LOUIS COURIER. Si3l
Mais qu’est-ce donc que la cour, où des motscomme ceux-là soulèvent, font explosion? etquelle condition que celle des souverains entou-rés , dès le berceau, de pareilles gens ! Pauvreenfant! O mon fils, né le même jour, que tonsort est plus heureux ! Tu entendras le vrai, vi-vras avec les hommes, tu connaîtras qui t’aime ;ni fourbes, ni flatteurs n’approcheront de toi.
Après l’avocat général, M' Berville parla pour son client,et dit :
Messieurs les Jurés ,
Si, revêtus du ministère de la parole sacrée,vous veniez annoncer aux hommes les vérités dela morale, on ne vous verrait point, sans doute,timides censeurs, faciles moralistes, composer avecla corruption, et dégrader, par des ménagemensprévaricateurs, votre auguste caractère. Voussauriez vous armer, pour remplir vos devoirs,d’indépendance et d’austérité. La haine du vicene se cacherait point sous les frivoles délicatessesd’un langage adulateur ; vos paroles, animéesd’une vertueuse énergie, lanceraient tour à toursur les hommes dépravés les foudres de l’indi-gnation et les traits pénétrans du sarcasme. Vousn’iriez point contrister le pauvre, alarmer laconscience du faible, et baisser, devant le vicepuissant, un oeil indignement respectueux; maisvotre voix, généreuse autant que sévère, flétrirait