PEOCÈS
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jusque sous la pourpre les bassesses de la flat-terie et de la corruption des cours. Faudrait-ilvous applaudir ou vous plaindre? Je sais quelprix vous serait dû : sais-je quel prix vous seraitréservé ! Seriez-vous offerts à l’estime publiqueen apôtres des moeurs, de la vérité? Seriez-voustraduits en criminels devant la cour d’assises?
Qu’a fait de plus l’auteur que je défends? Al’exemple des écrivains les plus austères, il a op-posé aux vices brillans des cours la simplicitédes vertus rustiques; on a pris contre lui la dé-fense des cours : il s’est indigné contre des scan-dales, on s’est scandalisé de son indignation : il aplaidé la cause de la morale publiquement ou-tragée , on l’accuse d’avoir outragé la morale pu-blique.
Je ne dois point vous dissimuler, messieurs lesJurés, l’embarras extrême que j’ai éprouvé lors-qu’il s’est agi de préparer la défense de cettecause. Ordinairement, l’expérience des doctrinesdu ministère public, que nous partageons rare-ment, mais que du moins nous avons appris àconnaître, nous permet de prévoir, en quelquefaçon, le système de l’accusation, d’en démêlerl’erreur, et de méditer nos réponses. Ici, je l’a-voue, j’ai vainement cherché à deviner le systèmedu ministère accusateur ; il m’a été impossible deconcevoir par quels argumens, je ne dis pas rai-sonnables, mais du moins soutenables, on pour-