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Tome premier.
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PROCÈS

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tude, que l’on ne discute jamais avec une entièreliberté. Je n’aurai plus à redouter dans mes jugesla dissidence des opinions, l’influence des pré-ventions politiques. Tout le monde est d’accordsur les principes de la morale; nous parlerons,le ministère public et moi, un langage commun ,que toutes les opinions pourront comprendre etjuger...

Et voilà qu’on nous fait une morale politique !Voilà qu’on s’efforce encore, dans une cause oùla politique n’a rien à démêler, de parler auxpassions politiques ! On commence par reprocherà M. Courier d’avoir dit irrespectueusement, enparlant du duc de Bordeaux, que son métier estde régner un jour , et d’avoir employé d’autresexpressions également familières, sans songerque c’est un villageois que l’auteur a mis enscène, et que le langage d’un villageois ne peutpas être celui d’un académicien ! On lui impute àcrime tV avoir traité un pareil sujet sans dire unseul mot de Vauguste naissance du jeune prince ;de sorte que désormais les écrivains devront ré-pondre à la justice, non-seulement de ce qu’ilsauront dit, mais encore de ce qu’ils n’auront pasdit ! Enfin, par une réflexion un peu tardive, onreconnaît que ce n’est pas là l’objet de l’accusa-tion ; et cependant on a cru pouvoir se permettred’en faire un sujet d’accusation !

Vous le voyez, messieurs les Jurés, la marche