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Tome premier.
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DE PAUL-LOUIS COURIER.

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incertaine de l’accusation trahit à chaque pas safaiblesse et sa nullité. Aux définitions, qu’onn’ose donner, on substitue les lieux communsoratoires; à défaut de la raison, qu’on ne peutconvaincre, on cherche à soulever les passions ;au délit de la loi, qu’on ne peut établir, on s’ef-force de substituer le délit d’opinion.

Ce n’est point ainsi que procédera la défense ;tout, chez elle, sera clair et précis. Mais avantd’aborder la discussion relative à l’écrit, qu’ilnous soit permis de rappeler les considérationspersonnelles à l’écrivain. Ces considérations nesont pas indifférentes. Dans les délits purementpolitiques, la criminalité peut, jusqu’à certainpoint, être indépendante du caractère de l’au-teur : la passion, l’erreur, le préjugé, peuventfaire d’un honnête homme un citoyen coupable;mais l’auteur d’un outrage à la morale publiqueest nécessairement un homme immoral : il y a in-compatibilité entre la moralité de la conduiteet l’immoralité des principes, et justifier l’auteur,c’est déjà justifier l’ouvrage.

Paul-Louis Courier, un de nos savans les plusestimés et de nos plus spirituels écrivains, entra,au sortir de ses études, dans le corps du géniemilitaire. Officier d’artillerie, distingué par sestalens , il pouvait fournir une carrière brillante ;mais lorsqu’il vit le chef de l’armée envahir le pou-voir et dévorer la liberté, il refusa de servir la tyran-