DE PAUL-LOUIS COURIER. 2/^9
dée que la loi attache à l’expression de moralepublique J, vous aurez peine peut-être à vous em-pêcher de sourire, en écoutant la lecture de cespassages. La plupart ont si peu de rapport à lamorale publique, qu’on se demande par quelétrange renversement des notions les plus com-munes , l’accusation a pu rapprocher deux idéesd’une nature si différente.
Ainsi, M. Courier veut prouver que le don deChambord ne profitera pas au prince, mais auxcourtisans. Après une sortie assez vive contre lesflatteurs, il cite le trait de ce courtisan qui disaitau prince, son élève, tout ce peuple est à 'vous ;puis il ajoute : « Ce qui, dans la langue des cour-« tisans, voulait dire : tout est pour nous. Car la« cour donne tout aux princes , comme les prêtres« donnent tout à Dieu ; et ces domaines , ces apa-« nages , ces listes civiles , ces budgets , ne sont« guère autrement pour le roi que le revenu des« abbayes n est pour Jésus-Christ. Achetez , don-« nez Chambord : c’est la cour qui le mangera ; le« prince n’en sera ni pis ni mieux. »
N’est-il pas déplorable que l’on soit réduit àjustifier devant les tribunaux un pareil langage!Quoi ! désormais on ne pourra plus dire, sans sefaire une affaire avec la justice, que les courti-sans font souvent servir l’auguste nom du prince,les prêtres le nom sacré de Dieu à leur intérêtpersonnel! Quoi! cette vérité de morale, devenue