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triviale à force d’application, va devenir un délitdigne de la prison ! Mais vous outragez les prê-tres! Mais il ne s’agit point d’outrages aux prê-tres : vous m’accusez d’outrages à la morale pu-blique ; prouvez que j’ai outragé la moralepublique. Mais outi'ager une généralité , c’est ou-trager la morale publique. Vraiment? A ce compteje plains nos auteurs comiques. Désormais il neleur sera plus permis de dire, sous peine d’a-mende, que les médecins tuent leurs malades,que les cabaretiers sont fripons, que les femmessont indiscrètes, et ( puisqu’enfin il faut s’exé-cuter) que les avocats sont bavards. Au surplus,qu’a dit l’auteur à l’égard du clergé, que le res-pectable abbé Fleury, que Massillon, que tantd’autres écrivains non moins graves, n’aient ditavant lui, et n’aient dit quelquefois d’une ma-nière beaucoup plus sévère? Mais c’est calom-nier le malheur. Le malheur? Vous oubliez quele clergé figure pour vingt-cinq millions au bud-get de l’état. Ce sont sans doute des fonds trèsbien employés; nous ne le contestons pas : niais,lorsque cet exemple existe, 11e venez donc pasnous parler de malheur , même pour en tirer uneffet d’éloquence. Laissons là les lieux communsoratoires, et revenons toujours à l’unique ques-tion du procès : ai-je outragé la morale publi-que? ai-je fait l’apologie du vice? ai-je attaqué lesbases de nos devoirs?