PROCÈS
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Ah! si c’est un crime à vos yeux de médire dela cour, faites donc le procès à tout ce que laFrance compte d’écrivains célèbres. Condamnezl’immortel auteur de Y Esprit clés lois. Que direz-vous en effet des couleurs dont il ose tracer letableau des cours? « L’ambition dans l’oisiveté,« la bassesse dans l’orgueil, le désir de s enrichir« sans travail , l’aversion pour la vérité; la flat-« terie , la trahison , la perfidie, l’abandon de tous« ses engagemens, le mépris des devoirs du ci-te toyen, la crainte de la vertu du prince , I’espé-« rance de ses faiblesses, et plus que tout cela le« ridicule perpétuel jeté sur la vertu , forment, je« crois, le caractère du plus grand nombre des« courtisans, marqué dans tous les lieux et dans« tous les temps. »
Mais peut-être récusera-t-on l’autorité de Mon-tesquieu , c’est, un auteur profane, c’est un phi-losophe.... Eh bien! écoutons un père de l’Église,écoutons Massillon : « Que de bassesses pour par-venir! il faut paraître, non pas tel qu’on est,« mais tel qu’on nous souhaite. Bassesse d’adula-« tion, on encense et on adore l’idole qu’on mé-« prise ; bassesse de lâcheté, il faut savoir essuyer« des dégoûts, dévorer des rebuts, et les rece-« voir presque comme des grâces ; bassesse de« dissimulation, point de sentimens à soi, et ne« penser que d’après les autres; bassesse de dèré-« glement, devenir les complices et peut-être les