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Tome premier.
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278
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PHOCÈS

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vous, messieurs, pour ce délit, me condamnerau maximum de la peine. Mais n’en faites rien, etplutôt écoutez ce que j’ajoute ici. J’ai employébeaucoup d'étude à connaître le temps passé, àcomparer les hommes et les choses d’autrefoisavec ce qui est aujourd’hui, et j’ai trouvé, foide paysan, j’ai trouvé que tout va mieux main-tenant, ou moins mal. Si quelques-uns vous disentle contraire, ils n’ont pas, comme moi, compulsétous les registres de l’histoire , pour savoir à quois’en tenir. Ceux qui louent le passé ne connais-sent que le présent.

Ainsi de la morale, messieurs : c’est moi qu’ilen faut croire là-dessus, et non pas le procureurdu roi. J’en sais plus que lui, sans nul doute, etmon autorité prévaut sur la sienne en cette ma-tière. Pourquoi? Par la même raison que je viensde vous dire, l’étude, qui fait que j’en ai plusappris, et par d’autres raisons encore; car la mo-rale a deux parties, la théorie et la pratique. Dansla théorie, je suis plus fort que messieurs lesprocureurs du roi, ayant eu plus qu’eux le loisiret la volonté de méditer ce que les sages en ontécrit depuis trois mille ans jusqu’à nos jours.

Mes principes. fiez-vous-en, messieurs, à un

homme qui chaque jour lit Aristote, Plutarque,Montaigne et l’Évangile dans la langue même deJésus-Christ. Le procureur du roi en dirait-i!autant? lui, occupé de tout autre chose : car