DE PAUL-LOUIS COURIER.
U 79
enfin les devoirs de sa charge, les soins toujoursassez nombreux d’une louable ambition, sanslaquelle on n’accepte point de tels emplois, etd’autres devoirs qu’impose la société à ceux quiveulent y tenir un rang ; visites, assemblées, jeu,repas, cérémonies: tarit de soucis, d’amusemens,laissent peu de temps à l’homme en place pours’appliquer à la morale que j’étudie sans distrac-tion. Je dois la savoir , et la sais mieux , n’en dou-tez pas; et voilà pour la théorie. Quant à la prati-que , ma vie laborieuse, studieuse, active, choseà noter,et contemplative en même temps, ma vieaux champs, libre de passions, d’intrigues, deplaisirs, de vanités, me donnerait trop d’avan-tages dans quelque parallèle que ce fût, et jepuis, je dois même dire que je ferais honneur àceux avec qui je me comparerais, fût-ce mêmeavec vous, monsieur le procureur du roi. Oui,sur ce banc où vous m’amenez, et où tant d’au-tres se sont vus condamner à des peines infâmes ,sur ce banc même, je vous le dis, ma morale estau-dessus de la vôtre, à tous égards, sous quel-que point de vue qu’il vous plaise de l’envisager,et si l’un de nous en devait faire des leçons àl’autre, ce ne serait pas vous qui aui'iez la pa-role; par où j’entends montrer seulement que jene me tiens point avili de l’espèce d’injure queje reçois, et dont la honte, s’il y en a, est et de-meurera toute à ceux qui s’imagineraient m’ou-trager.