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Tome premier.
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LETTRES ET ARTICLES

D’ailleurs je suis élu, dans le sens de Benjamin,je suis vraiment élu , comme vous allez voir; caraux cent soixante voix que m’accorde le bureaude M. le marquis d’Effiat, si vous ajoutez cellesdes électeurs absens par différentes causes, quitous étaient miens sans nul doute, et puis lesvoix de ceux des électeurs présens qui n’osè-rent, sous les yeux de M. le marquis, écrire unautre nom que le sien, de ceux qui, ne sachant

pas lire.. de ceux encore., mais que sert ?

Voilà déjà bien plus que la majorité. Je puis doncdire que je suis l’élu du département, et queM. le marquis est l’élu des ministres. Cela vautmieux pour lui, je crois; l’autre me convientdavantage. Que si, sortant un peu de la salleélectorale, nous prenions les votes de ceux quipaient moins de cent écus, ou n’ont pas trenteans d’âge, parmi ceux-là, monsieur, j’aurais beau-coup de voix. En effet, les amis de M. le marquisse trouvaient là tous dans cette salle, où pas und’eux ne manqua de se rendre; gens dont lagrande affaire, l’unique affaire était l’élection dumarquis. Au lieu que mes amis, à moi, dispersés,occupés ailleurs, dans les champs, dans les ate-liers, partout où se faisait quelque chose d’utile,n’étaient qu’en petite partie : la millième partiene se trouvait pas là présente. J’ai pour amis tousceux qui ne mangent pas du budget, et qui, commemoi, vivent de travail. Le nombre en est grand