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Tome premier.
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LETTRES ET ARTICLES

Chêne-Fêndu jusqu’à Saint-Avertin; et, commeil arrive toujours dans les affaires d’importance,on parle diversement. Les uns disent que j’aibien fait d’entendre à un arrangement; que lapaix vaut mieux que la guerre; que l’Angleterreest à ménager dans les circonstances présentes ;qu’on ne sait ce qui peut arriver. Mais d’autressoutiennent que j’ai eu tort d’épargner ces cou-reurs de renards, qu’il en fallait faire un exem-ple, qu’il y va du repos de toute notre commune.Pour moi, c’était mon sentiment; aussi l’a vais-jefait assigner, et j’allais parler de la sorte devantles juges :

« Messieurs, d’après le procès-verbal qu’onvient de mettre sous vos yeux, vous voyez dequoi il s’agit. Monsieur Fisher, Anglais, cité de-vant vous plusieurs fois pour avoir chassé surles terres de différens particuliers, autant defois condamné, paie l’amende, et se croit quitteenvers ceux dont il a violé la propriété. C’est unegrande erreur que cela, et vous le sentirez, j’es-père. Outre que ceux mêmes qui reçoivent de luiquelque argent ne sont point par-là satisfaits,plusieurs ne reçoivent rien, et souffrent par son

fait; car nos terres, comme vous savez, étant,

«

grâces à Dieu, divisées en une infinité de petitesportions et les héritages mêlés, avec ses chienset ses piqueurs il ravage les champs de cent cul-tivateurs, ou de mille peut-être, et n’en dédom-