ADRESSÉES A PAUL-LOUIS COURIER. 335
pauvre, qui ne connaissais pas le gouvernementprovocateur, pensant que c’était tout de bon,j’ouvre la bouche et dis : je voudrais, s’il vousplaisait, ne pas payer Chambord. Sur ce mot, onme prend, on me met en prison. Sorti , je ne puscroire, tant j’étais de mon pays, qu’il n’y eût àcela quelque malentendu. Ils m’auront mal com-pris, me disais-je, assurément. Un peu’de senscommun (chose rare!) eût suffi pour me tirerd’erreur : mais imbu de ma Charte et de mesgaranties; persuadé qu’on m’écouterait sans mau-vaise humeur, cette fois je hasarde une autre re-quête. Si c’était, dis-je, tenant mon chapeau àdeux mains , si c’était votre bon plaisir de nous
laisser danser devant notre logis le dimanche.
Gendarmes, qu’on le mène en prison; maximumde la peine, amende , etc. Du jury, point de nou-velles ; droit de pétition, chansons ; mes députés,ils sont à moi comme mon préfet à peu près. Lapublicité des jugemens; savez-vous, monsieur,ce que c’est ? mes ennemis pourront, s’ils le ju-gent à propos, imprimer ma défense dans desfeuilles à eux, me faire dire cent sottises; à euxil est permis de déduire mes raisons comme ilsveulent au public ; à moi, à mes amis, défendud’en dire mot, de réfuter, de démentir en aucunefaçon les réponses absurdes et les impertinencesqu'il leur aura plu m’attribuer. Voilà ce que jegagne à la publicité des débats judiciaires. Heu-