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Tome premier.
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420 PAMPHLET DES PAMPHLETS.

beau (lire, messieurs, on ne vous laissera pas dis-tribuer le poison. Cela ne se peut en bonne po-lice, et le gouvernement est là qui vous en empê-chera bien.

Dieu, dis-je en moi-même tout bas, Dieu , dé-livre-nous du malin et du langage figuré! Lesmédecins m’ont pensé tuer , voulant me rafraî-chir le sang ; celui-ci m’emprisonne de peur queje n’écrive du poison ; d’autres laissent reposerleur champ, et nous manquons de blé au marché.Jésus, mon Sauveur, sauvez-nous de la méta-phore.

Après cette courte oraison mentale, je repris :En effet, monsieur, le poison ne vaut rien dutout, et l’on fait à merveille d’en arrêter le dé-bit. Mais je m’étonne comment le monde, à ceque vous dites, l’aime tant. C’est sans doutequ’avec ce poison il y a dans les pamphlets

quelque chose. Oui, des sottises , des calem-

bourgs, de méchantes plaisanteries. Que voulez-vous , mon cher monsieur, que voulez-vousmettre de bon sens en une misérable feuille?Quelles idées s’y peuvent développer ? Dans lesouvrages raisonnés , au sixième volume à peineentrevoit-on où l’auteur en veut venir. Une feuille,dis-je, il est vrai, ne saurait contenir grand’chose.Rien qui vaille, me dit-il, et je n’en lis aucune.Vous ne lisez donc pas les mandemens de mon-seigneur l’évêque de Troyes pour le carême et