ÉCRITES DE FRANCE ET u’iTYLIE. IJ
conversations ont fortifiés pour mon malheur.Cependant j’espère avoir dans la suite plus defacilités pour m’y livrer, et je crois que l’hiverprochain sera tout entier à ma disposition. C'estalors que je me garderai bien de faire des con-naissances d’aucune espèce, règle que je compteobserver rigoureusement à l’avenir dans quelquepays que je me puisse trouver.
Mon père regarde comme mal employé letemps que je donne aux langues mortes, maisj’avoue que je ne pense pas de même. Quand jen’aurais eu en cela d’autre but que ma propresatisfaction, c’est une chose que je fais entrerpour beaucoup dans mes calculs, et je ne regardecomme perdu, dans ma vie, que le temps où jen’en puis jouir agréablement, sans jamais me re-pentir du passé ni craindre pour l’avenir. Si jepuis me mettre à l’abri de la misère, c’est toutce qu’il me faut ; le reste de mon temps sera em-ployé à satisfaire un goût que personne ne peutblâmer, et qui m’offre des plaisirs toujours nou-veaux. Je sais bien que le grand nombre deshommes ne pense pas de la sorte, mais il m’a paruque leur calcul était faux, car ils conviennentpresque tous que leur vie n’est pas heureuse. Mamorale vous fera peut-être sourire, mais je suispersuadé que vous prendrez à la lettre tout ce queje viens d’écrire pour mes véritables sentimens,auxquels ma pratique sera conforme.
m.
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