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LETTRES INÉDITES,
en peine et fort réprimandé. Ici nous avons vu uncourrier qui portait des lettres de la reine, assas-siné par ordre, ses dépêches enlevées, envoyées àParis. L’homme qui fit ce coup, ou l’ordonnadu moins, je le vois tous les jours. Mais quoi ! àParis même, pour avoir des papiers, n’a-t-on pastué chez lui un envoyé ou secrétaire de je ne saisquelle diplomatie? L’affaire fit du bruit.
Assurément, monsieur, cela n’est point dutemps, du siècleoù nous vivons,tout cela s’est passéquelque part au Japon ou bien à Tombouctou, etdu temps de Cambyse. Je le dis avec vous, lesmœurs sont adoucies; Néron ne régnerait pas au-jourd’hui. Cependant, quand on veut être maître...pour la fin le moyen. Maître et bon, maître et juste,ces mots s’accordent-ils? Oui grammaticalement,comme honnête larron, équitable brigand.
J’ai connu Rodio, il était joli homme, peu d’es-prit, peu d’intelligence, d’une fatuité incroya-ble, en un mot bon pour une reine.
Je passe ici mes jours, ces jours longs et brû-lans, dans la bibliothèque du marquis Tacconi, àtraduire pour vous Xénophon, non sans peine; letexte est gâté. Ce marquis est un homme admira-ble, il a tous les livres possibles, j’entends tous ceuxque vous et moi saurions désirer. J’en dispose ; en-tre nous, quand je serai parti, je ne sais quiles lira. Lui ne lit point ; je ne pense pas qu’il enait ouvert un de sa vie. Ainsi en usait Salomon