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Tome troisième.
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ÉCRITES DE FRANCE ET n’iTALIE. 255

Arrivé clans cette ville, je voulus, avant d’allerplus loin, reconnaître le pays, où je vis beaucoupd’ombrages, point de vignes, des sapins, et, ducôté du midi, un rempart de montagnes toujourscouvertes de neiges. J’en conclus que c’était làun lieu très-propre à passer le mois d’août, etl’asile que je cherchais contre la rage de la ca-nicule, comme parle Horace. Le hasard me fîtconnaître un jeune baron qui venait d’hériterd’une jolie maison de campagne sur le bord dulac, à demi-lieue de la ville; nous allâmes ensem-ble la voir, et sur l’assurance qu’il me donna den’y jamais mettre le pied, j’y acceptai le logementd’où je vous écris, que j’occupe depuis un mois,et que je compte occuper jusqu’à la fin de sep-tembre; car je ne crois pas que l’Italie, dans lapartie où je veux aller, soit habitable avant cetemps.

Ma demeure est à mi-côte, en plein midi, au-dessus d’une vallée tapissée de vert, mais d’unvert inconnu à vous autres mondains, qui croyezêtre à la campagne auprès des grandes villes. J’aien face une hauteur qu’on appellerait chez vousmontagne, toute couverte de bois, et ces boissont pleins de loups dont je reçois chaque matinles visites dans ma cour, comme M. de Champce-netz recevait ses créanciers ; plus loin je vois dansles grandes Alpes l’hiver au-dessus du printemps,à droite d’autres montagnes entrecoupées de val-