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Tome troisième.
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a56 LETTRES INEDITES,

Ions, à gauche le lac et la ville, et puis encoredes montagnes ceintes de feuillages et couron-nées de neige. Ce sont là ces tableaux qu’on vientvoir de si loin, mais auxquels nous autres Suissesnous ne faisons non plus d’attention qu’un mariaux traits de sa femme après quinze jours deménage.

Quant à ma vie, j’en fais trois parts : l’une pourmanger et dormir, l’autre pour le bain et la pro-menade, la troisième pour mes vieilles études dontj’ai apporté d’amples matériaux. Le jardinier etsa femme qui me servent n’entendent pas un motde français : ainsi j’observe strictement le silencede Pythagore et à peu près son régime. Je nevais jamais à la ville, où je ne connais personne,et où je ne suis connu que des femmes par uneaventure assez drôle.

Je me baigne tous les jours dans le lac, et leplus souvent dans un endroit qui est un portpour les bateaux. Dimanche dernier, au soleilcouchant, je m’étais déshabillé pour me jeter àl’eau. Les eaux de ces lacs, par parenthèse, sonttoujours très-froides, et le baptême n’en est queplus salutaire. Mais on n’en use point ici, et jecrois même qu’il n’y a personne dans tout le paysqui sache nager. Moi qui n’ai point d’autre plaisir,je m’en donne du matin au soir, et je m’entrouve très-bien. J’avais donc défait ma toilette.Un bouquet d’arbres, une espèce de lisière de