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Tome troisième.
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ÉCRITES DE FRANCE ET n’iTALIE. ^65

façon de s’exprimer, je réussis à lui faire com-prendre que je la trouvais belle. En fait de pan-tomime, sans avoir été si loin l’étudier, elle ensavait plus que moi. Nous causâmes ; je sus bien-tôt qu’elle était du village voisin, qu’elle allaitdans peu se marier, que son amant demeurait del’autre côté du lac, qu’il était jeune et joli homme.Vous seriez-vous doutée, madame, que tout celase pût dire sans parler? Pour moi, j’ignoraistoute la grâce et l’esprit qu’on pouvait mettredans une pareille conversation; elle me l’apprit.Cependant je partageais son travail, je portais lepanier, je cueillais des pois, et j’étais payé d’unsourire qui eût contenté les dieux mêmes ; maisje voulus davantage.

Toute cette histoire ne me fait guère d’hon-neur : me voilà pourtant, je ne sais comment,engagé à vous la conter, et vous, madame, à lalire. J’obtins de cette belle assez facilement qu’elleôtât un grand chapeau de paille à la mode dupays; ces chapeaux, dans le fait, sont jolis; mais

il couvrait, il cachait. et le fichu, c’était bien

pis; à peine laissait-il voir le cou. Je m’en plai-gnis, j’osai demander que du moins on l’entr’ou-vrit. Ces choses-là en Italie s’accordent sans dif-ficulté ; en Suisse c’est une autre affaire. Non-seulement je fus refusé, mais on se disposa dès-lors à me quitter. Elle remit son chapeau, rem-plit à la hâte son panier, et le posa sur sa tète.