256 DE L’ÉQUITATION.
ner derrière soi est une manière que nous n’ap-prouvons pas, parce qu’ainsi on peut moinsaisément s’en garder, et il est plus maître de fairece qu’il veut. Lui apprendre à marcher devant,tenu par une longe d’une certaine longueur, nevaut pas mieux, par d’autres raisons; car, de lasorte, d’abord le cheval peut faire du mal à droiteet à gauche, et même, en se retournant, fairetête à son conducteur ; puis plusieurs chevauxensemble étant conduits de cette manière,, com-ment pourrait-on les empêcher de se battre ?Mais un cheval habitué à être mené de côté ,ne pourra blesser ni homme ni chevaux, et seprésentera très bien au cavalier, dans le cas mêmeoù il faudrait monter de plein saut.
Pour bien brider le cheval, le palefrenier pre-mièrement l’approchera par la gauche ; ensuite ,passant les rênes par-dessus la tête, il les poserasur le garrot; puis il prendra la têtière avec la maindroite, et de la gauche présentera le mors à labouche du cheval ; bien entendu que s’il le reçoitsans difficulté, il faudra le coiffer : mais s’il n’en-tr’ouvrepas la bouche, il faut, en même tempsqu’on applique le mors contre les dents, intro-duire à l’endroit des barres le grand doigt de lamain gauche ; la plupart cèdent à cela et ouvrentla bouche: mais s’il résistait encore, on presserala lèvre contre le crochet 1 ; il en est bien peu
1 Ceci ne saurait s’appliquer aux jumens qui n’ont point de crochets,