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Premier volume.
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Planche 33.

Détails de l'entablement et de la face de l’ante du portique ; à côté sont les plafonds et la coupe de la corniche avecun détail de la rosace de l’ante.

Planche 34.

Fig. I et II. — Détails du chapiteau des colonnes. On peut remarquer, comme une particularité de ce chapiteau, que lehaut du tailloir est couronné par un talon à peu près comme il y en a aux chapiteaux doriques romains.

Fig. III.—Coupe du chapiteau de l’ante.

Fig. IV. —Profd de l’ante. Les rosaces de ce côté ne sont pas semblables à celles de la face.

Fig. V. — Fragment d’un fût de colonne brisé en deux morceaux : un autre fragment formait la partie inférieure de lacolonne.

Fig. VI. — Détails d’un autel en pierre trouvé parmi les fragments du monument.

Fig. VII.—Profil trouvé en place : il formait à l’intérieur de la cella un soubassement orné de pilastres.

Fig. VIII. — Carreau en terre cuite du pavement.

Fig. IX.—Fragment de soffite ou d’architrave intérieur avec quelques lettres d’une inscription auxquelles M. Lebas donnel’interprétation suivante :

APIHN XA. . .

L’inscription dont il s’agit est en lettres de 2 pouces, et d’un beau style. Quelle que soit la distance qui sépare le N terminant le premier motdu X par lequel commence le second, il est constant, d’après l’état de la pierre, qu’aucune trace de caractères n’existe dans l’intervalle, et quela restitution doit porter seulement sur les deux dernières lettres.

Mais avant de songer à cette restitution, il paraît convenable de déterminer la place qu’occupait l’inscription dans le monument auquelappartenait la pierre où elle est gravée.

D’après les dimensions du fragment que le temps a respecté, en ajoutant à la suite de la fracture une distance égale à celle qui se trouveentre la troisième lettre du mot APIflN et le profil de l’extrémité, ainsi que la symétrie semble l’exiger, cette pierre ne devait pas avoirplus de 8 à 9 pieds de long ; d’où il suit quelle n’appartenait ni à la façade du monument, ni à l’architrave intérieure ‘de la cella. Elledevait donc figurer sous le vestibule, et il paraît hors de doute qu’elle était placée au-dessus de la porte du monument, c’est-à-dire a12 pieds du sol.

En admettant cette supposition, il ne manquerait à la suite des deux lettres XA que trois autres lettres, et le mot ^aïpe se présente desuite à l’esprit. Dès-lors l’inscription devrait être ainsi lue :

Âpiwv yaîps.

Arion , salut!

formule que l’on rencontre si souvent sur les monuments funéraires 1 , et d’après laquelle on pourrait penser que l’édifice en question n’étaitautre chose que le tombeau d’un personnage nommé Arion.

Quel était cet Arion auquel on avait élevé un pareil monument? Pausanias ne nous fournit aucune lumière à cet égard. De tous les hommesqui ont porté ce nom dans l’antiquité, le plus célèbre est sans contredit Arion de Mélhymne. Sans doute il ne serait pas surprenant de trouverà Messène le culte de ce musicien célèbre, qui, comme on le sait, n’est que le reflet du culte de Taras, fondateur de Tarente 2 , et que lesMesséniens, à leur retour de Sicile , pouvaient bien avoir rapporté dans leur patrie. Ce qui donnerait quelque force à cette opinion, c’estqu’il ne serait pas impossible de trouver des rapports entre l’aventure d’Arion et celle des enfants que les habitants de Messène , Msgcyi'vioi otÈ7vl Tû Trop 0 p.ü, envoyaient tous les ans à Rhegium avec un maître de chant et un joueur de flûte, et dont le vaisseau fut une fois abîmé aveceux dans les flots 3 . Mais, pour affirmer qu’il est ici question d’Arion de Méthymne , il faudrait qu’on eût retrouvé , sur les ruines de l’édi-fice, quelque emblème qui fît allusion à l’événement auquel ce chanteur dut sa célébrité, et auquel aussi se bornent tous les renseignementsque les anciens nous ont transmis sur lui 4 .

D’ailleurs, si le monument lui eût été consacré, il daterait sans doute de la reconstruction de la ville, et peut-on croire que Pausanias n’en eût rien dit, lui qui ne manque pas de mentionner la statue en bronze élevée à ce cytharœde sur le Ténare 5 ? Peut-on croire qu’oneût employé pour un personnage héroïque la formule -/afp s, qui, lorsqu’on s’adresse aux dieux ou aux héros, est usitée seulement dans lapoésie 6 , jamais dans la langue monumentale ? Peut-on croire que l’inscription d’un temple ( car c’est vraiment un temple que nous avons sousles yeux) figurât non sur le frontispice, mais sur l’architrave d’un vestibule où elle n’était pas en évidence?

‘Voyez sur cette formule : Biagi, Monum.gr. ex museo JacobilSanii, p. 271 sqq.;Claudius, Dissertatio de salutationibus veterum , p. i3i. Les Latins employaientdans le même sens les verbes vale, salve , et ave, qu’ils écrivaient aussi hâve. Voy.Gruter, dccxciv, 2.

Une des formules les plus ordinaires était jç,pviCT-rè ou yaîpE, que l’on fai-

sait suivre quelquefois de quelque pensée philosophique exprimée en vers^comme dans une inscription trouvée en Asie-Mineure, vis-à-vis de l’île de Chio,et publiée dans le journal intitulé : 'Epjxvjç à kôyioç , i5 juin 1812. Je la rappor-terai ici, parce qu’elle n’a été donnée ni par M. Jacobs, dans son Anthologiepalatine , ni par M. Welker, dans son livre ayant pour titre Sylloge Epigramma-tum grœcarum.

.XpW X“‘P e -

Où xb ôaveîv Èoti xaxov, ItcI to ys poîp’ ÈTréxXtüasvâXXà to irplv T|Xixir]ç xal yovétov Ttpo'tEpov.

3 Voyez M. C. O. Miiller, Hist. des races et des villes helléniques. Doriens,t. 11, p. 3 99 .

3 Pausanias , Élide , ch. 25.

4 Une grande partie des passages anciens relatifs à Arion ont été recueillispar M. Plehn dans ses Lesbiaca , p. 166. Ajoutez-y Lucien, Dial. mar. vin ; Sui-das, au mot ’Api'tov ; Ovide, Fastes , 11, 79 sqq. ; Solin, vu, 6; xn, 12. Voyez aussiWyttenbach sur les œuvres morales de Plutarque , 1.11, p. 265, ed. Lips.

5 Laconie , ch. 25.

0 Voy. Biagi, op. cit., p. 275.