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Premier volume.
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46
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Voici l’inscription en caractères courants ; et comme la traduction française ne peut suivre assez littéralement 1 ordre dés mots, je croisdevoir la faire précéder d’une version latine :

A, Àt/.i'jv AùpvîXiov Ouvipov Ivaicapa oi ÉXXyîvsç eù^apiffTOÜVTeç toïç Osoîçxal atTOup.£vot Ta àyaÔà tm oîzw, swYiyyiffapievou /.al va àvaXwjraTa Tta-cacydvTo; Tifï. KX. 2aï91^a /.ai AiXiavou, tou àpypspéwç aÙTWV dià (itou /.aiÉXXa^apyou, àr:o tou xotvoü twv Àyatwv àveaTTicav.

Lucium Aeliüm Aurelium Ferum Caesarem, Graeci gratias agen-tes Diis et precantes bona (omnia Caesarum ) domo, suadente etsumptus suppeditante Tiberio Claudio Saïthida ( eodem ) etAeliano , pontijice maximo eorum ad vitae tempus et helladar-cha,publico et commuai Achaeorum consensu posuerunt.

C’est-à-dire :

Sur la proposition de Tib. Cl. Saïthidès appelé aussi Aelianus,grand-prêtre des Grecs à vie et helladarque, lequel a fourni lesfonds , les Grecs rendant grâces aux dieux et faisant des vœuxpour le bonheur de la famille impériale, ont, du consentementunanime des Achéens, élevé cette statue à Lucius Aelius Aure-lius Férus César.

M. Boeckh prouve d’une manière irrécusable que cette inscription se rapporte, non comme le prétend M. Osann , à M. Aelius AureliusVerus, qui n’est autre que M. Aurelius Antoninus le philosophe, mais bien à L. Aelius Aurelius Verus Commodus, désigné ordinairementpar les seuls noms de Lucius Verus. Il démontre aussi que ce monument ne peut avoir été gravé avant l’an de Rome 914? de notre ère 161,où Lucius, qui jusqu’alors avait porté le nom de Commodus , reçut le titre de César et commença à être appelé Verus 3 ; et il conjecture quec’est en commémoration de cette association à l’empire que fut élevée la statue qui surmontait le piédestal dont nous nous occupons.

Je né répéterai point ici les diverses observations de M. Boeckh, son livre est trop connu pour que cela soit nécessaire; je m’attacheraiseulement à quelques parties du texte sur lesquelles le plan de son ouvrage et l’extrême abondance des matières ne lui permettaient sansdoute pas de s’arrêter.

L. 5 . aiTou[A£vot Ta àyaOà. Formule consacrée : piÉXXeTe S’aèreiv tou; Gsoùç Tayaôa, Eschine contre Ctésiph., p. 70. 1 . 32 , ed. de Henri Etienne .aÏTeîciOai àyaGà Tuapà Ôswv, Xen. Cyr. J. 6, 5 . êivsuyecOat., GuveuysGÔai Ta àyaGa, Pollux 5 , 129.

L. 6. tw o’écw; suppléez SspaoToO ou 2 e( 3 acTwv, ou bien encove csfiaaTw. L’ellipse est ordinairement remplie 4 .

L. 7. Ta àvaXwptaTa Tvapacr^dvToç , formule moins commune que celle de TrpoG&sljap.évou tu àvaXwpia, qui désigne le receveur des fonds des-tinés à la dépense. Voyez le recueil de M. Boeckh, 1828, 1329, 1 35 r et passim. Cet emploi de TOxpéyw n’est pas sans autorité 5 .

L. 8. Je 11’adopte qu’avec quelque répugnance la manière dont M. Boeckh lit les lettres KAIAIANOT. Je sais que K peut être considérécomme la sigle de xal; mais j’avoue que l’absence de l’article tou devant les mots xal AiXiavou me choque comme contraire à la langue. Aussisans le rapport qui existe entre AiXtavou et AïXiov ( 1 . 1), rapport par lequel on s’explique le dévouement de Saïthidès, il m’eût paru plussimple et plus convenable de lire KaiXiavou, Caeliani, ce qui aurait fait supposer des relations entre notre personnage et la famille Caelia.

L. 10. La dignité d’Helladarque ne se trouve mentionnée dans aucun auteur, et elle n’est connue que par les inscriptions 6 , d’où ce motn’est passé que récemment dans les lexiques. On ne peut donc déterminer d’une manière bien précise quelles pouvaient être les fonctions decette charge qui doit être postérieure à la domination romaine. Il est probable cependant que les Helladarques étaient pour la Grèce cequ’étaient les Asiarques pour l’Asie mineure, c’est-à-dire les présidents des jeux publics de toute la Grèce 7 . Ce qui confirme cette conjecture,c’est que, comme les Asiarques, ils cumulaient souvent cette charge avec celle de grand-prêtre 8 , et que l’on mettait une différence entrel’Helladarque des Amphictions et l’Helladarque des Grecs 9 , de même que sur les monuments de l’Asie on distingue et les Asiarquesdes confédérations 10 et les Asiarques des villes.

L. 11. gc7to tou xoivoO twv Kjaim, Cette locution arco tou xoivou, comme celle qui lui correspond en latin, ex commuai , peut présenter deuxsens: aux frais de la commune, ou en vertu d'une décision de la commune. Ce dernier était seul admissible, puisque les frais sontfaits par Saïthidès.

3 Voy. Eckhel, Doctr. Num., t. VII, p. 87.

4 Voy. M. Letronne , Analyse crit. du recueil d’inscript, de M. le comte Vi-dua, ]>. 5.

5 Cf. Palaephat. de Incredib., ch. XXXVI, 16.

6 On la trouve encore aux n os 1124 et 1896 du recueil de M. Boeckh.

7 Voy. la Dissertation de Van Dale de Pontif. Gr. et Asiarchis , p, 277 etsuivantes.

8 On en voit un autre exemple au n° 1124 de M. Boeckh.

9 Ibid.

■° Van Dale, p. 278 et 281.