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Planche 66.
Façade principale restaurée.
Si les fouilles ont fait connaître presque tout l’ensemble de la disposition du temple, nous regrettons quelles ne nousaient fourni que peu de chose pour la restauration de la façade. Les seuls restes dont nous puissions nous aider dans notretravail sont trois socles qui forment la base du monument, les diamètres inférieurs des colonnes, plusieurs fragments dechapiteaux et le diamètre supérieur des colonnes, un fragment du profil de l’ante du posticum, des fragments d’architraveset des fragments de triglyphes, le tout en pierre poreuse, et recouvert d’un stuc sur lequel nous n’avons remarqué aucunecouleur. Malgré toutes nos recherches, nous n’avons trouvé de la corniche, rien autre chose qu’un fragment en marbrede la cimaise et deux fragments des têtes de lion qui servaient pour l’écoulement des eaux du toit. Une nouvelle preuveque nous pouvons ajouter à celles qui ont déjà été données de l’exactitude de Pausanias , c’est la découverte que nousavons faite de plusieurs fragments de la couverture, qui sont, ainsi que la cimaise, en marbre pentélique, comme il l’indiquepositivement. Liv. Y, chap. x.
Les matériaux que nous venons d’indiquer ne donnent pas la hauteur de l’ordre; pour le rétablir il nous a fallu suivre ceuxdes monuments existants , lesquels par l’analogie de leur ensemble et de leurs détails s’accordent le plus avec le nôtre : letemple de Thésée, quoique d’une bien moins grande dimension, nous a paru devoir remplir ce but mieux qu’aucun autre. Endonnant au temple d’Olympie la proportion du temple de Thésée, c’est-à-dire pour la hauteur, en comprenantl’entablementet non les trois socles, la longueur qu’on trouve de l’axe de la première colonne jusqu’à l’axe de la quatrième, et pour lahauteur des colonnes y compris le chapiteau, la longueur qu’on trouve depuis le diamètre extérieur de la colonne d’anglejusqu’à l’axe de la troisième colonne; en prenant sur la hauteur de l’entablement celle de l’architrave que nous avonstrouvée et celle des métopes qui nous a été donnée par les bas-reliefs dont nous aurons à reparler plus tard, il nous restaitexactement la hauteur d’une corniche comme celle du temple de Thésée . Ayant heureusement retrouvé ces proportions, aprèsavoir donné au fronton l’inclinaison de celui du même temple, nous avons obtenu un résultat qui nous semble prouver quenous avons rencontré juste, puisqu’avec tous ses rapports le temple d’Olympie se trouve avoir précisément la hauteur de68 pieds grecs depuis le sol jusqu’au sommet du fronton, « Son élévation depuis le sol jusqu’au fronton est de 68 pieds ‘. »Ce qui fait en mesures françaises 64 pieds 2 pouces 8 lignes, ou 20 mètres 862 millimètres.
L’immense fouille faite à la façade principale par M. Dubois, avec l’espoir d’y trouver des sculptures du fronton, n’ayantproduit que la découverte d’un fragment de pied colossal qui provenait nécessairement de ces sculptures, nousn’avons d’autres guides pour restaurer cette partie et les figures qui la décoraient, que le texte de Pausanias et unecomposition déjà faite d’après ce texte dans l’ouvrage de M. Quatremère de Quincy : « Il y a un vase doré 1 2 sur chaque coin« du toit, et au milieu du fronton une Victoire aussi dorée; au-dessus 3 de la Victoire est un bouclier d’or sur lequel est« représentée la Gorgone Méduse . L’inscription qui est sur le bouclier nous apprend par qui il a été dédié et à quelle« occasion ; voici ce quelle porte : Les Lacédémoniens et leurs alliés ont consacré à Jupiter ce bouclier d’or pour la dîme« du butin fait sur les Argiens, les Athéniens et les Ioniens qu’ils ont vaincus à Tanagre . A la ceinture qui règne au« dehors du temple, au-dessus des colonnes, sont suspendus vingt-un boucliers dorés, qui sont un don que fît Memmius ,« général romain , lorsqu’il eut vaincu les Achéens près de Corinthe , et qu’il eut chassé les Corinthiens Doriens. » Ce récitde Pausanias semble indiquer positivement que ces boucliers étaient placés sur l’architrave. D’ailleurs des trous descellement remarqués par M. Cockerell, sur l’architrave du Parthénon , l’ont autorisé à y mettre des boucliers comme ily en avait au temple d’Olympie. « Quant aux frontons, on voit sur celui de devant Pelops et Oenomaiis prêts à se disputer« le prix de la course des chars; ils se disposent tous deux à entrer en lice. Jupiter est précisément au milieu du fronton;« à sa droite est Oenomaüs avec son casque sur sa tête; et auprès de lui Stérope, son épouse, Fuiie des filles d’Atlasa Myrtilus, qui conduisait le char d’Oenomaiis, est aussi devant les chevaux, qui sont au nombre de quatre. Derrière lui sont« deux hommes dont on ne connaît pas les noms, mais qui étaient probablement aussi chargés par Oenomaüs du soin des« chevaux; tout-à-fait à l’extrémité se voit le fleuve Cladéus : c’est, après l’Alphée, celui que les Eléens honorent le plus. A«. la gauche de Jupiter on voitPélops etHippodamie, ensuite le conducteur du char dePélops, ses chevaux, deux palefreniersa de Pélops, et à l’extrémité du fronton, à l’endroit où il se rétrécit, le fleuve Alphée. Le conducteur du char de Pélops se« nommait Sphérus, si l’on en croit les Træzéniens; mais l’exégète d’Olympie dit qu’il se nommait Cilla. Toutes lesa sculptures du fronton antérieur sont de Pæonius, originaire de Mendes, ville de Thrace . » Nous avons recomposé cebas-relief d’après cette description, qui est tellement circonstanciée, quelle nous a suffi pour donner une idée exacte dusujet, autant, toutefois, qu’a pu le permettre la petitesse de notre échelle 4 .
Malgré le peu de succès obtenu par M. Dubois dans la fouille qu’il avait ordonnée à la face principale du temple, avecl’espoir d’y retrouver les sculptures du fronton, ne voulant pas néanmoins laisser de regrets à cet égard, je fis faire à la facepostérieure de grandes tranchées qui, bien que poussées jusqu’au dessous du sol antique comme celles de M. Dubois, n’eu-rent pas un meilleur résultat, soit que les sculptures eussent été enlevées, soit qu’elles eussent été brisées pour en faire de lachaux, comme nous avons vu cela se pratiquer dans d’autres parties de la Grèce ; nous partîmes donc avec le regret de n’avoirrien trouvé aux endroits où le texte de Pausanias nous indiquait des chefs-d’œuvre. Voici ce qu’il dit : « Le fronton« postérieur du temple a été sculpté par Alcamènes, contemporain de Phidias , et, après lui, le plus habile statuaire. Il a
1 Pausan., liv. V, chap. x. 4 Ce travail, qui pourrait être le sujet d’un ouvrage très-important
2 M. Quatremère dit en forme de chaudière. de sculpture et d’archéologie, n’étant pas dans nos attributions,
3 M. Quatremère dit au-dessous. Cette version nous a paru plus nous n’avons pas cru devoir y mettre d’autre importance que celle de
d’accord avec la décoration. compléter l’ensemble de notre façade.
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