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Premier volume.
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68
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« représenté le combat des Centaures et des Lapithes aux noces de Pirithoüs. Ce héros est au milieu du fronton, auprès« de lui sont d’un côté Eurythion, qui enlève la femme de Pirithoüs, et Cénéus, qui défend ce dernier; de 1 autre, Thésée cc qui combat les Centaures avec une hache ; un de ces Centaures veut enlever une vierge; un autre saisit un jeune garçon.« Alcamènes a probablement choisi ce sujet, parce qu’il avait appris par les vers d’Homère , que Pirithoüs était fils de« Jupiter, et qu’il savait que Thésée descendait de Pélops à la quatrième génération. »

Quant aux parties de stuc que nous avons trouvées, et dont tout le monument devait être enduit, nous n’y avons vuaucune trace de couleur : le fond en est généralement blanc. Mais comme les observations de MM. Cockerell et Brôndsted

7 O , ,

sur le Parthénon, celles de MM. Hittorff et Zante sur les monuments de la Sicile , et celles que nous avons pu faire de notrecôté sur les mêmes édifices, et notamment sur le temple de Thésée , nous ont fourni des autorités suffisantes, nous avonsindiqué sur quelques moulures des ornements, ainsi qu’on en voità ces monuments, car les anciens les employaient ordi-nairement, afin de donner plus de richesses à ces parties.

Planche 67.

Coupe sur le portique au-devant de Vopisthodome.

Ce que nous avons adiré de cette partie du temple nous fournira l’occasion de parler de la plus importante découverteque nous ayons faite dans nos fouilles, puisqu’elle est la preuve la plus convaincante que c’est bien véritablement le templede Jupiter Olympien que nous avons découvert. Il s’agit de ces fragments de métopes si bien décrits plus haut par M. Raoul-Rochette dans son rapport à l’Institut. Ils ont été trouvés au pronaos et au posticum, précisément au-dessous de 1 endroitoù nous les indiquons dans notre restauration. Voici comment Pausanias parle de ces belles sculptures :

« On voit aussi dans Olympie la plupart des actions d’Hercule ; on a représenté sur les portes du temple 1 la chasse du« sanglier d’Érymanthe en Arcadie, son expédition contre Diomède, roi de Thrace, et celle qu’il entreprit contre Géryon « dans l’Erythée ; on le voit aussi se disposant à prendre sur ses épaules le fardeau d’Atlas, et nettoyant le pays des Eléens« du fumier qui l’encombrait. » Celles qui ont été trouvées dans cette partie par M. Dubois et que nous donnons planche y 5s’accordent parfaitement avec cette description, ainsi que l’a prouvé M. Raoul-Rochette dans son rapport. Pausanias poursuit ainsi : « On a sculpté sur les portes de l’opisthodome, ce héros enlevant le bouclier de l’Amazone, et celles de« ses actions qui ont rapport à la biche Cérynite, au taureau de Cnosse, aux oiseaux Stymphalides; de plus ses combats« contre l’hydre de Lerne et contre le lion de l’Argolide. » Les autres sculptures dont la découverte a été le résultat destravaux que j’ai ordonnés à la partie postérieure du temple 2 sont aussi parfaitement d’accord avec cette description. (Voyezplanches 74, 7 $, 76 et 77 , et le rapport de M. Raoul-Rochette , page 62). Les deux principaux morceaux, qui sont celuioù est représenté Hercule combattant le taureau de Crète, et l’autre Minerve ou une nymphe, nous donnent l’un la largeuret l’autre la hauteur; nous avons donc dû être convaincus que ces bas-reliefs étaient à peu près carrés et qu’ils étaient desmétopes qui devaient s’encastrer entre les triglyphes, dont nous avons trouvé celui qui était à l’angle, de même que ceux quenous venions de remarquer au temple de Phigalie , et qui étaient placés sous le portique de ce temple, au-dessus des colon-nes du pronaos et de l’opisthodome; par cet exemple, et par un autre semblable d’un temple de Selinunte en Sicile , et enfinpar la place qu’occupent les bas-reliefs continus qui sont placés de même dans le temple de Thésée et dans celui de Minerve,nous avons été amenés à penser que ceux d’Olympie avaient les mêmes destinations, et que Pausanias en disant au-dessusdes portes pouvait bien permettre de croire qu’il a voulu désigner le couronnement des colonnes de l’opisthodome et du pro-naos, lequel se trouve en effet au-dessus et en avant des portes. Ce qui depuis a encore achevé de nous confirmer dans notreopinion, c’est qu’après avoir établi les proportions de cette partie que nous venions de découvrir, d’après les proportions dutemple deThésée, et que nous avions adoptées pour la façade, nous avons trouvé que la division des triglyphes donnait sixmétopes, et par conséquent la place des six bas-reliefs désignés par Pausanias ; et que d’après les hauteurs adoptées et la largeurdonnée par le resserrement des antes de l’opisthodome et du pronaos, ces six métopes devaient être un peu plus hautes que lar-ges : et c’est, en effet, ce qui a lieu dans les bas-reliefs. Pour prévenir l’objection qu’on pouvait faire en citant un sujet du bas-relief des Panathénées, qui se voit dans le portique du Parthénon , et qui est divisé par compartiments, lesquels auraient pufaire croire, s ils 11’avaient été trouvés en place, qu’ils avaient formé autant de métopes, nous dirons que les morceaux, tousdifférents de largeur, sont beaucoup plus larges que hauts, tandis que la très-petite différence qui existe à ceux d’Olympie est dans le sens contraire, et qu’il est bien évident par la composition de l’Hercule combattant le taureau quelle est faitepour une métope; et que, pour dernière preuve, on voit que de chaque côté de ce bas-relief, le marbre a été écaillépour le faire sortir des rainures qui le retenaient entre les triglyphes, comme au temple de Phigalie . La seule difficulté quise soit rencontrée dans cette combinaison vient du texte même de Pausanias . Comme il indique d’une manière bien positivesix sujets, et que pas un de ces sujets ne comporte la figure de Minerve ou d’une nymphe que nous avons trouvée, nousn avons eu d autre moyen que celui de la faire entrer dans un de ces sujets et de la supposer comme elle est plusieurs foissur la grande vasque de la villa Albani, a Rome, où elle est représentée, au milieu des travaux d’Hercule , comme la divinitéprotectrice de ce héros. Ce bas-relief, dans lequel M. Trézel a fait entrer le sujet relatif aux oiseaux du lac Stymphale, aété recomposé d’après un bas-relief antique du Musée du Louvre, représentant le même sujet 3 . M. Trézel, aidé des conseilsde M. Raoul-Rochette , a encore restitué trois autres sujets de ces métopes, dont deux du posticum, représentant, l’un

M. Quatremère dit : Dans le bas-relief qui règne au-dessus d’unedes postes, etc.

2 Les principaux fragments de ces sculptures ont été trouvés parM. Ravoisié, qui suivait les fouilles que j’avais ordonnées pendant

une excursion que je fis avec M. Poirot.

3 Ce bas-relief est rapporté dans l’ouvrage de M. le comte deClarac, planche 196.