M. Boeckh a publié ce monument dans le Corpus , sous le n° 2336 ,avec les renseignements suivants :
«In Teno; ex schedis Kohlerianis duplicibus, quarum alteræ na-turalem lapidis et litterarum magnitudinem repræsentant. Titulusaltus fere pedes duos cum semisse, latus pedem cum triente; litteræaltæ poil, fere 3 / 4 -^
Bien que cette note semble annoncer une grande exactitude dansla copie de M. Kôhler, il paraît certain que ce voyageur n’a pasreproduit le monument qu’il copiait, avec une fidélité scrupuleuse.En effet, si l’on rapproche sa copie de celle qu’a prise M. Blouet,et de celle que M. Mustoxydi a communiquée à M. Yirlet, on peutse convaincre que les lignes ont chez lui trop peu de longueur, etsont par conséquent beaucoup trop nombreuses. Ainsi sa copie encontient 37, tandis que les deux autres n’en présentent que 26. Or,ces deux dernières copies paraissent mériter toute confiance, puisque,bien que dues à des mains différentes, elles offrent dans tous lespassages importants une conformité qu’on ne saurait attribuer auhasard. J’ai donc cru devoir les préférer au texte du voyageur alle-mand .
Variantes des trois copies.
Ligne 1, Kôhler (1, 2) OIAEITOY. Ibid. Blouet I |\H. Kohl.I~AH
Ligne 2, Kohl. ( 3 ) KAI AriTOYPTIAN. Blouet 1 A AITOYriAN. — Ibid. Kôhl. KMAPXILigne 3 , Kôhl. (4) TPAKI2. — Ibid. Kôhl. ( 4 , 5 ) POKEILigne 4, Kôhl. ( 5 ) BAAANBION. — Ibid. Kôhl. ( 5 , 6) TEN-TAK12. — Ibid. {6) XEIAIMN AE1TOY. Bl. XEIAIA1NNE . IOY.Virl. XEIAIAIN AEKTOY
Ligne 5 , Yirlet AYTON ©EPMAINH TAF. —■ Ibid. Blouet
BAANEION. — Ibid. Kôhl. (7, 8) TOI2 EH. Bl. TO. . I.Virl. TOI21.H.
Ligne 7, Kôhl. (9) et Yirlet AYTON. — Ibid. Bl. ETOZ.Kôhl. (11) après ce mot. insère la partie supérieure d’un 2 queM. Bocckh regarde comme ayant été effacé par le graveur. Les copiesde MM. Blouet et Yirlet prouvent que l’erreur ne doit être attribuéequ’à M. Kôhler.
Ligne 8, Kôhl. (n) EYHXH020MEN0I2. — Ibid. Bl.
ENIEPO
Ligne 9, au lieu de KA 1 AAAAT 012 , restitution due àM. Boeckli, Kôhl. (14, i 5 ) YAMAAAOI 2 ; Bl. .M. .A. .T. .'S.;Virl. To. . AA 02 . Les deux dernières leçons prouvent que le Ode la copie de M. Kôhler ne doit pas être pris pour la sigle de TO,comme le pensent M. Blouet et M. Boeckh.
Ligne 11, Kôhl. (i 5 ) offre une lacune depuis AY jusqu a TENTH IEPH. ; THN, qui commence la ligne, n’est donné que parla copie de M. Yirlet, qui fournit en outre le P. — Ibid. Kôhl.(16, 17) 2TE<t>ANfl2IEI. M. Boeckh avertit que le premier I
doit être supprimé.
Ligne i 3 , Kôhl. (19) KATAAOTIAN. — Ibid. Kôhl. TOY
NYKIEAEY20MEN0Y ; Bl. TOY. . NEAEY20MEN0Y ;Virl. T0Y2..EA , etc.
Ligne i4, Virl. MEPI2HTAI, leçon qu’il répète ligne 17. —Ibid. Bl. XEAI.
Ligne i 5 , Bl. ANÀPA2 KAI.
Ligne 16, Kôhl. (24) ED ITA^IflNLigne 17, Kôhl. (24, a 5 ) A/EPIZHTAI.
Ibid. ANAAOn/N.
Ligne 19, Kôhl. (27) THTOAEILigne 21, Kôhl. ( 3 i) K AT El 02
Ligne 22 , le 0 qui précède KAI manque dans la copie deM. Blouet.
Ibid. Kôhl. ( 3 a) AAAAI2AET0MAI2. Virl. AAAAI2ÀET0AAA2
Lignes 23 ,24,Kôhl. (34) EMEPfETH2ANTA
Ligne 24 , Kôhl. (35) EYXAI2TQ2Lignes 24 , 2 5, Kôhl. (35) 2YEIMHEN. Bl. et Virl. 2TEI-MH2EN
Voici l’inscription en caractères courants :
H (3ouXvi xal d cîvipwç SaTupov duXstvou irXvi-pôoaVTa Tuàoav àpjç/jv xal X[s]tTOupylav, y.al àpyt-GswpvioavTa TETpaxtç , y.aï âvaOsvTa T'? ; ttoXei(3aXav£Ïov xal £v)vapia 7reVTaxto££lXta, ïva èx tou
5. to’xou aÙTwv 0Epp.aïvv)Tai to JiaXavEÎbv, y.al TOtç è[v] H-
pïoTW 9soïç ^vivapta iTEVTaxio^etXia, ïva èx tou to'-xou aÙTwv èv TV) tvîç (èouGociaç lopr/j xa t’ etq;chcîwTai toÎç EÙwyy/jOïioo'ZEvot; èv tw tepû è-XeuOèpoi; Tvivloi; xaT âv£pa cîviva'piov • [x] a [t] aXXa toï;
IO. aÙToT; 0 e aï; &v)vapta p.upia, îva èx tou toxou aù-
[twv à] p [x-p] èv tw îepw tv) xaTaoTEipavwoeixal tvî oxTwxai^ExaT’p rçavTl èXeu0E'pw Tvjvïw■ri xaT mal oylav tou [oJuvEXEuaoas'vou TldfîouçpiEpt(v)Tat thavopiv) • xal aXXa i^vivx'pta è^axia^e'iXi-i5. a, îva èx tou toxou aÙTwv xsct’ sto; àv^paot xal yu-
vai£l Tvivloiç èv tvî wptcu.Evvj twv è—iTatpiwv aù-tou 7)p.èpa pept^viTai xxt’ exxotov t) xaT’ àvaXoytavtou cuv£Xeuoo[/.évou irXv)0ouç rhmouf • xal aX-Xa tvî tvoXei ^vivapia ptupta ôxTaxtoyEtXia TEVTaxo'-20 . ota, ïva èx tou toxou aÙTwv ûiràp àv&pwv xal yu-
vaixiov xal vtalSwv êXsuOèpwv Tvivtwv xaT é'toçch&wTai to ÈTixetpaXov • xal èv aXXatç Si TvoXXaîçxal TroixiXai; ùiwipEotatç te xal èiu^o'oeotv eù-epyeTïi'oaVTa tvjv 7vaTp$a, EÙyaptoTWç [è] ttmrtr25. oev /y yapioau.svviç tvî tcoXei tov àv^piavTa MaX-
6 etXV) ç t vfc «htXei'vou.
Le sénat et le peuple de Tènos ont décerné cette statue àSatyrus,fils de Philirius, lequel, ayant rempli toutes les charges,toutes les fonctions publiques, et quatre fois celles d’archithéore,a fait à la ville les donations suivantes :
i° Un bain et un capital de cinq mille deniers dont le revenudoit servir à chauffer ledit bain ;
2 0 Aux dieux de l’Eristum une pareille somme dont les intérêtssont destinés à payer un denier par tête aux Téniens libres quiseront admis au festin sacré, célébré chaque année dans lehiéron, lors de la fêle de la Bouthysie ;
3° Dix mille deniers aux mêmes dieux, pour les intérêts de cecapital être employés dans le hiéron à la fête des Couronnes, etpour que le dix-huitième jour il soit fait aux Téniens libresune distribution, proportionnellement au nombre des assistants;
4° Six mille autres deniers, dont les intérêts seront, proportion-nellement au nombre des assistants, répartis entre tous leshommes et toutes les femmes libres de Ténos le jour qui sera fixépour ses funérailles ;
5° Dix-huit mille cinq cents autres deniers à la ville pour queles intérêts de cette somme servent à payer chaque année la capi-tation des Téniens libres, hommes, femmes et enfants.
C’est pour de tels services et de tels bienfaits, et beaucoupdé autres encore dont d a comble la vdle, qu elle lui a, dans sareconnaissance, décerné ces honneurs.
Malthacè, fille de Philinus, a fait don à la ville de la statue.
La mention de l’impôt de la capitation l’évaluation en deniersdes sommes données par Satyrus à l’île de Ténos , annoncent uneépoque postérieure à la prise de Corinthe ; d’un autre côté, à enjuger par l’absence de tout nom romain et de toute allusion au
1 Voyez Boeckh, Écon. polit, des Athéniens, liv. III, chap. 1.