3.
(
régime impérial , on ne peut guère assigner à cette inscriptionqu’une date antérieure à notre ère. Peut-être est-elle de la fin dupremier siècle av. J. C., époque où la taxe de la capitation étaitdevenue si onéreuse pour les pays soumis à la domination romaine 2 .Si l’on connaissait exactement le taux de l’intérêt à l’époque dont ils’agit, on pourrait tirer de cette inscription un renseignement statis-tique curieux sur la population de Ténos .
En évaluant avec M. Saigey 3 le denier à 0,82 c., les sommes donnéespar Satyrus à Ténos se montent à 36,490 fr. La somme sera moinsforte si l’on suppose que notre monument appartient au règned’Auguste , où l’on abaissa le denier jusqu’au poids de la drachmeattiqueL
Le lieu désigné par le nom de ÔpurTov est encore mentionné dansune autre inscription du Corpus 5 , mais sans aucun renseignementqui permette d’en déterminer la situation.
2 .
Inscription encastrée dans le mur d'une petite église et dontM. Blouet a pris une empreinte.
Ce monument en lettres de o,o32, et d’un beau caractère,appartient à l’époque romaine. C’est ce dont ne permet pas de douterle nom de Rufa. Dodwell l’a fait connaître le premier x , et M. Boeckhl’a insérée dans le Corpus 2 d’après une copie de Kôhler.
Le texte ci-joint étant la reproduction fidèle de l’empreinte prisepar M. Blouet, je crois inutile d’indiquer les variantes des copiesde Dodwell et de Kôhler.
AMMION ANTIOXOY ZHSA POYOA 2H2IflNAS TE0NH2HTH EAYTH5 MHTPI KA!AnOAAflNin PA OY TIAN02 ZflNTIMNHMH2 XAPIN XPH2TH XAIPE
Aptpuov ÀvTioyou "(wca Pouça 2 wgi-tovoç TeGvwav) t 9) éauTY); pirpî xalÀiroXXomw IIAoutÎcûvoç ÇwvtiptVTipiç yapiv. -^p7i<7T7| yaîpe.
Ammion,fille d’Antiochus, a de son vivant élevé ce monumentà la mémoire de Rufa, fille de Sosion, sa mère , et à Apollonius ,fils de Ploution, encore vivant. Adieu, bonne (Rufa )/
Le nom de femme Ammion est connu par deux inscriptions deSmyrne 3 , et par une autre d’Éphèse 4 ; d’où l’on pourrait conclureque la fondatrice de ce monument était de l’Asie Mineure..
2 Cic. ad Att. V, 16. — Strabon , Geogr., lib. X, p. 4^6, nous apprend que laseule petite île de Gyaros, qui n’était qu’un rocher stérile habité par des pêcheurs,payait un impôt annuel de i5o drachmes ou deniers sous le règne d’Auguste .
3 Traité de métrologie , p. 75.
4 Saigey op. cit., p. 76.
5 N° 2338, lin. 99.
Inscr. 2. — 1 Itin. t. II, p. 5 18.
» N° 2343.
3 Spon, Mise. Erud. antiq., p. 349. Montf. Ant. expi., t. V, p. 39. Sur le
X. III. - Inscriptions.
3 ;
Inscription encastrée dans le mur d'une maison de la grande rueet dont M. Blouet a rapporté une empreinte.
.PXONEPHNYM05 TEMEAA05 NEIK10Y. PXI5 ÀHMHTPIA BAOYAAOY TO OYMIATHPION.OEP0N0NH2IM05 KAI 0IAEINO5 Ol OIAEINOYOYTO IHPEANTO0Y2MIKON ET05
m
Le journal intitulé Êppiç Xoyioç a le premier fait connaître cetteinscription, qu’il a donnée en caractères courants 1 , en indiquantpar ces mots, eïç Mapptapcc, le lieu de Tinos où elle a été trouvée.M. Vidua l’a publiée huit ans plus tard 2 en caractères épigraphiques,avec ce renseignement : ad oppidum D. Nicolai in extemorepariete domusprivatœ ad lœvam adscendenli in via quœ ad locumBorgo durit 3 . Enfin M. Boeckh l’a insérée dans le Corpus sous len° 233g.
Le calque pris par M. Blouet ne donnant lieu à aucune incer-titude, je crois devoir passer sous silence les variantes des deuxpremières copies, qui n’ont plus aucune valeur critique, puisquenous avons le texte authentique sous les yeux. Remarquons unique-ment qu’il ne peut manquer qu’une seule lettre au commencementde chacune des trois premières lignes, et que l’Éppiç donne à laligne 3 EQEPON , Yidua I50EP0N. Notre inscription doit doncêtre lue de la manière suivante :
[Â]p X cnv èirwvu[/.oç répLeXXoç Neuuou,
[à] p X tç Aïipirpia BaGuXXou , to GupuaTyfptovêtpepov Ov7)<jtp!.o; xai •KXeîvoç oi «FiXeivou.
Oütoi r,p?av to Oucpu/.ov etoç
Archonte éponyme, Gemellus, fils de IVicias; prêtresse Démé-tria, fille de Bathylle.
Ont porté Vencensoir, Onêsime et Philinus, tous deux fils dePhilinus.
Tels ont été les magistrats suprêmes pendant l’année des sacri-fices (?).
Cette courte inscription contient plus d une forme nouvelle, etqu’il n’est pas facile d’expliquer, ni même de reconnaître commevraiment grecques. M. Boeckh pense que le mot [à] pyyç } au com-mencement de la ligne 2 , ne saurait etre admis, et propose de lire[jspaJp X iç, ou tout autre compose semblable, mais 1 estampage de lapierre, que j’ai sous les yeux, ne permet pas d admettre qu’il y ailau commencement de cette ligne une lacune de plus d’une lettre.Force est donc de recevoir le mot àpylç, qui sans doute ne se ren-contre pas ailleurs, mais qu’on peut supposer formé d’âpyôç, commeGswpi; 1 est de Getopoç et vipwpi; de v][X£poç. Resterait à déterminer quellesétaient les fonctions de lapyyç; celaient probablemeut des fonctionsreligieuses, a en juger par les lignes 3 et 4 de notre inscription,et dès lors je ne vois pas pourquoi M. Boeckh ne veut pas quel’on compare ce sacerdoce avec celui d’âp X eîriç mentionné dans uneinscription deThasos 4 où il est rapproché d’une autre mission reli-gieuse, celle d’àv6o<popo;, et même de fonctions civiles, celles deTiptoùyoç et de <m<pav/)<popo; Six (3tou, toutes confiées à une femmeÆlia Macedonia.
premier de ces deux monuments Ammion est encore appelée Anstion, v Ap.aiov vr,vxocXoufjiévTiv ’ApicTiov. D’où il résulte que les femmes recevaient quelquefois dessurnoms. Cf. t. II, p. 79.
4 Corpus Inscr. gr. 3oo4-
Inscr. 3. — 1 1818, p. 238.
1 Inscr. ant. a comité Car. Vidua in turcico itineie collectes. Lutet . Par. 1826.8°, t. XLII, 1.
3 Cette indication paraît coïncider avec celle que nous devons à M. Blouet.
4 Corpus Inscr. gr., n° 2162.
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