Band 
Troisième volume.
Seite
16
JPEG-Download
 

t 1

de Mautinée, renommée alors pour la sagesse de sa constitution 24 ,un homme qui mît un terme à leurs dissensions civiles 25 . Les Cyré-néens obéirent à l’oracle, et Mantinée leur envoya le sage Démonax dont les lois restreignirent le pouvoir royal et préparèrent la révo-lution qui vers 4^° substitua le gouvernement républicain à laroyauté. Nous voyons encore dans Diodore 26 que, l’an 4 o 3 av. J. G.,les habitants de Byzance , las de leurs dissensions intestines et deleurs guerres contre les Thraces, demandèrent un stratège aux Spar-tiates. Ceux-ci leur envoyèrent Cléarque qui, ayant été revêtu d’uneautorité absolue et par conséquent du pouvoir judiciaire, rassemblaune troupe nombreuse de soldats mercenaires et devint bientôt nonplus le chef de l’État, mais son tyran 27 .

Ces deux faits, et d’autres encore qu’on pourrait citer 28 , prouvent,quoique indirectement, que, dans des cas difficiles, les villes grecques,ne pouvant compter sur l’impartialité de leurs citoyens, recouraientà d’autres villes pour qu’elles leur envoyassent des magistrats qui,étant étrangers aux haines et aux animosités locales, paraissaientplus propres à apaiser les troubles civils ou à terminer les différends.En pareille circonstance, elles devaient s’adresser aux villes de mêmerace qu’elles, comme plus disposées à leur être utiles. C’est sansdoute pour ce motif que, dans l’exemple cité plus haut, Byzance arecours à Sparte, qui est comme elle, une ville dorienne . Les ins-criptions confirment ce fait. Ainsi, nous voyons par le n° 2147du Corpus les habitants de Chalcis en Eubée, faire juger leurs dif-férends par les Andriens qui, vers l’an 700 av. J. C., avaient étésous la domination des Érétriens d’Eubée 2 9 ; ainsi, à leur tour, lesErétriens d’Eubée, autrefois maîtres d’Andros, de Céos et d'autresîles 3o , parmi lesquelles figurait peut-être Paros , sont, d’après len° 2265 , choisis pour vider un différend survenu entre les Parienset les habitants de Naxos, ancienne colonie de Chalcis 31 : ce quiprouve encore que des rapports intimes s’étaient maintenus entre lesCyclades et l’Eubée ; ainsi une inscription de Carthæa 3î dans l’île deCéos fait mention d’un procès que les habitants de cette ville eurent àsoutenir contre les Téniens et Lysimaque roi de Thrace,et dont lejuge-

’ 4 Ælian . F. H. II, 22. Cf. Tiümann, Gr. Staatsverf. p. 370 — 371. Kxirtüin,Gesch. Staatsverf. p. i3o sqq.

25 'H Sè üuObi IxsXeus Ix MxvtivÉyjç xyç 'Ap/.aowv xaxxpTiaxypa xyxysaûxi.

16 Liv. XIV, c. 12.

27 Oùxsxi 7rpo<TTaTY]ç yv, àXXJc xupavvo;. Diod . 1. c.

13 Par exemple, la demande faite par les Cyrénéens à Platon de venir leurdonner des lois. Plularch. ad princ. inerud., t. IX, p. 117, ed. Reiske; Vit.Luculli, c. 2; Ælian . V. H. XII, 3o. On peut citer encore la prière adressée àce même philosophe par les Arcadiens et les Thébains pour qu’il consentît àctre le législateur deMégalopolis. Diog. Laert., III, segm. 23. Ælian. , V. /RII, /,2.

2 9 Strab. X, i, 10, p. 448. Cf. Raoul Rochette , Hist. des Col. gr., t. III, p. 198et suiv.

3,2 Slrabon 1. c.

3 ‘ Conon. Narr. XX. Voyez M. Raoul Rochette , Hist. des Col. gr. t. III,p. 302.

32 Corpus inscr. gr. n° 2353.

33 Les habitants de Céos se disaient Ioniens d’Athènes. Hérod. VIII, 46;Tlntcyd., VII, 5?. Cf. Brondsted, Voyages et Recherches, etc., i re liv., p. 55, noie 6.

L. 3o et suiv. I'AelO'/] [ô Sjapoç 6 Iaffewv ev te toïç 7rpox£pov ypovoiç euvouç ojvxa't [<j>i'X]oç ûcxteXeî tw oauw xm KaXupi'wv, xcd vüv.

Citee au n 226 j du Corpus. Mon illustre confrère, M. Boeckh, a bien voulu,sur ma demande, m envoyer une copie de ce monument précieux, en me lais-sant la liberté d’en tirer tout le parti que je jugerais convenable dans l’intérêtde mes travaux. Je me plais à lui témoigner ici toute ma gratitude pour unprocédé aussi noble. Toutefois je n’abuserai pas de sa généreuse permission enlui enlevant l’honneur de publier le premier un texte aussi important (*); jeme contenterai d’en donner ici une traduction littérale :

Le peuple a décrété ce qui suit :

Considérant qu après la résolution prise par [«oui] d'appeler un juge d’un autrepays, les Lampsacéniens, qui sont nos parents, et qui [nous ont toujours témoigné\tout le zèle, lotit l’empressemeut et toute la bienveillance possibles, nous ont en-voyé un homme de bien, Damocréon, fils de Zénon, lequel ayant pris connaissancede nos procès les a jugés et terminés avec équité et justice, et conformémentaux lois ;

Considérant en outre que pendant tout le temps de sa judicalure, et après sasortie de fonctions, tant qu’a duré son séjour parmi nous, il a tenu une conduitesage et digne de nos deux villes ;

6 )

mentavaitété renvoyé à Athènes 33 ; ainsi,aun°267i,Calymnaremetà des juges d’Iasos le soin de prononcer sur un grand nombre deprocès arriérés, et elle lui donne cette marque de confiance, parcequ’elle a éprouvé son amitié et sa bienveillance 34 ; ainsi, dans uneinscription inédite d’une ville de l’Éolie 35 , il est fait mention d unjuge appelé de Lampsaque , par suite des relations de parenté entreles deux cités; ainsi, l’inscription publiée plus haut 36 nous montreun peuple, dont malheureusement le nom ne nous a pas été con-servé, récompensant un juge qu’il avait demandé à la ville de Ténos ,par suite des relations d’amitié et de bienveillance qui les unissaient,relations qui devaient être surtout fondées sur une conformité derace; ainsi enfin, nous apprenons par l’inscription qui nous occupe,qu’Adramyte, en recourant à Andros pour nu pareil motif, avaitaussi fait valoir les droits de l’amitié et de la parenté 37 .

Du reste, le nombre des juges ainsi appelés d’une ville dans uneautre ne paraît pas avoir été constamment le même. Dans le pre-mier exemple que nous avons cité, le n° 2147 du Corpus , la déci-sion paraît avoir été remise au peuple d’Andros tout entier, et alorsil peut se faire qu’il se soit agi uniquement d’un de ces nombreux casd’arbitrage dont l’histoire grecque fait mention 38 . Dans le second,Iasos avait envoyé cinq juges à Calymna, et dans l’inscription deTénos , comme dans celles d’Andros et de la ville éolienne, il n’estquestion que d’un seul magistrat.

L’inscription de Ténos nous apprend que ces juges étaient dési-gnés par la ville qui les appelait sous le titre de p.eTaTxeprx'oi <^t-xocgt od 3 9 , et par la ville qui les envoyait sous celui d’cz 7 T 0 GTGcXévTEç 4 °ou è^aTTOGTaXevTSi ; 41 àixaGTod. A l’expiration de leurs fonctions, quiétaient temporaires, et proportionnées à l’importance aussi bien qu’aunombre des affaires 42 sur lesquelles ils avaient à statuer, ils étaientdésignés par l’expression de itapayeYovdTeç âixà ttîç xip.-Tiç &txaGX’at 4 ^-

Rien ne dit si les fonctions de ces magistrats étaient gratuitesou salariées ; on voit seulement qu’à l’expiration de leur charge,lorsqu’ils l’avaient remplie avec équité, ils recevaient des villes oùils avaient siégé, les récompenses les plus honorables, une couronne

Le peuple de Lampsaque recevra des éloges et sera couronné dans les jeuxcélébrés h l’époque de lafête d’Hercule . Le héraut annoncera alors que le peuplecouronne, conformément aux lois, d’une couronne d’or, le peujde de Lampsaque ,qui lui a envoyé un juge intègre, et qu’il le couronne pour la générosité (àpExyj (*)et la bienveillance dont il a fait preuve à son égard.

Le juge recevra aussi des éloges et une couronne dans les jeux célébrés à l’occa-sion de la fête d’Hercule ; le héraut annoncera alors que le peuple couronne le jugequi lui a été envoyé de Lampsaque , Damocréon, fis de Zénon, /tour avoir jugéles procès avec droiture et justice, et conformément aux lois ; qu’il le couronne,conformément aux lois, d’une couronne d’or, pour sa vertu et sa bienveillanceenvers lui.

Les magistrats suprêmes (oî xayoi) veilleront a ce que la proclamation des cou-ronnes soit faite.

Le juge recevra le litre et les droits de proxène, il jouira du droit dé être admisdans le sénat immédiatement après la célébration des cérémonies religieuses.

Il sera désigné, dans l’assemblée, un ambassadeur qui se rendra auprès desLampsacéniens, leur remettra ce décret et les invitera à faire aussi la proclama-tion des couronnes dans les fêtes de Bacchus, à graver ce décret sur le marbre età l’exposer aux regards de tous dans le lieu le plus évident , etc.

36 P. 6 et suiv.

37 Tou Syijtou tou ’Avoptwv ovxoç GuyyEvoüç xai tpfXou. Lignes 26 et 27.

38 C’est l’opinion de M. Roeckli : More satis engnito , Amlriis commiscrantChalcidenses, ut ipsorum causas judicarent, t. Il, p. 176, col. 2.

39 Voyez l’inscription de Ténos , ligne 55.

40 Corp. Inscr. gr. N° 267 1, 1. 8, 21, inscription de Ténos , loe. cit.

41 Voyez l’inscription d’Andros, 1. 25.

42 Corpus Inscr. gr. N 2 2671, 1. 3y. [xai aJoroypocpEnjav Sixav eîç to oixasxypiov[ttXeJovwv. ... axOGtâv irevxyxovxa. Ce qui fait supposer, en s _ éant le nombre leplus faible, [Si]axo<7i3v, plus de 25o procès.

43 Inscription d’Andros, 1. 3.

(*) Cette inscription conservée aujourd’hui en Hollande, et dont deux ou trois mots seule-ment ont été cités par Koen dans ses notes sur Grégoire de Corinthe (p. 192, ed. de Schæfcr)comme exemple du dialecte éolique, consiste en 40 lignes, dont les cinq premières qui conte-naient le considérant du décret sont trop mutilées pour se prêter à aucune restitution. Les 35suivantes renferment le dispositif.

(*) '.Apsrr, est pris ici dans le sens que lui donne Tliucjd. II, 41: Kscî xi è; àpexîiv èvavTiiogEOxtoïç xoW.oïç ' où yàp tiisr/as tsç eu , à/./à Spâmsç, xxûpdla toù; sO.ou;.