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d’Auguste 65 , on peut encore citer ce passage de Josèphe (A. J. XYIII,I, i): TtjôK afeapo; £ixaio£oV/] ; toù sôvou; a 7*e c-raX voç , et cetteinscription de Sparte 66 qui prouve que déjà sous Hadrien ce bienfaits était etendu a lAchaïe. Voici cette inscription en caractères cou-rants :
A 7:0X1; Ti§. KXau^tov Àppiovstxov nXeiCTO'a'vou , Xaëovva Ta; tt;;àî'.TTOToXsiT [et] a; t etptà; xavà tov voptov xal à7:0 tou ^yfutou, xaôà xal 6Oî'.oravo; AÙTOXpaTtop Kaîrap Tpaïavo; À&piavo; SsêacTo; xal Aip.iXio;ioùyxo; 6 5 ixaio^o / tv; ; 6? TCcpl aÙToS a 7 :écT £iXav.
Du reste, il est constant que l’institution des Juriclici ne se bor-nait pas à l’Italie , puisqu’on trouve dansles inscriptions deMuratorila mention d’un juridicus Hispaniœ citerions 68 , d’un juridicus Bri-tannica 6 9 et d’un juridicus Patinoniœ inferioris 7 °. Il paraît mêmeque des magistrats, dont la juridiction était restreinte à une ville,prirent également le titre de Juridici. Du moins le recueil de Mura-tori fait mention d’un juridicus municipii Asculi ? l .
Ce principe ne fut pas abandonné quand s’écroula l’empire ro-main; les mis si dominici de Charlemagne étaient des juges supé-rieurs étrangers aux différentes villes où ils allaient tenir leursplaids; il en était de même des visiteurs annuels de l’Angleterre. Maisce sont surtout les podestats de l’Italie ”, et même de quelques villesmunicipales du midi de la France au moyen âge’ 3 , qui donnent lieuau rapprochement le plus immédiat avec le monument qui nousoccupe. La maxime fondamentale de l’organisation judiciaire desvilles italiennes, c’était comme dans les villes grecques au tempsd’Alexandre et sous la domination romaine, de choisir pour jugeun homme d’un autre pays, et par conséquent à l’abri des in-fluences locales; et ce principe d’équité, nous le voyons consacré,peut-être à l’imitation de l’Italie, dans une ordonnance de Phi-lippe le Bel ’ 4 , et invoqué cinquante ans plus tard par les états gé-néraux de 1 356 , demandant formellement que nul 11c puisse êtrejuge dans la ville où il est né 7 5 .
Toutefois il faut se garder de croire que ce moyen d’obtenir uneplus grande impartialité de la part des juges ait été le seul mis enusage dans les différents Etats grecs. Une curieuse inscription de My-tilène’ 6 , malheureusement incomplète et mutilée, mais rétablie parM. Boeckh avec un rare bonheur, nous apprend que lors du rappeldes bannis par Alexandre, la restitution des biens confisqués ayantdonné lieu dans cette ville à de nombreuses contestations, vingt ci-toyens furent choisis, dix parmi les amnistiés, et dix parmi ceux qui11’avaient pas quitté leur patrie, pour terminer les différends par voiede conciliation, ou dans le cas d’impossibilité, en qualité déjugés.11 n’y avait donc rien d’arrêté à cet égard , puisque dans la même
circonstance et pour le même motif, Calymna, comme nous l’avonsvu, avait eu recours à des fzsTaiïE(/.7:T0i ^ixaffrat. Mais ce derniermode dut obtenir la préférence, et c’est sans doute par ce motif queles monuments qui s’y rapportent nous sont parvenus en plus grandnombre.
Avant de terminer ce travail, il ne sera pas inutile de présenterquelques observations sur le style de notre monument et sur quel-ques-unes de mes restitutions.
Ligne 3 , ÀpyovTwv yvcopi. Sur ce nominatif, voyez M. Letronne ,Journ. des savants, 1827, p. 482, ainsi que M. Boeckh, sur len° 2264 du Corpus , et passim. L’emploi du datif n’est pas moinsfréquent, ainsi que le remarque M. Boeckh, loc. cil.
Ligne 6, j’ai préféré [xpqzaTja à [Tayv.a-]a, qui remplissait éga-lement bien la lacune, parce que Ta; te xavà toù; v., etc., indiqueévidemment qu’il s’agit de deux sortes d’affaires. Resterait à déter-miner la différence qui existe entre xpipiava et ài'xai, si toutefois il enexiste une, ce dont il est permis de douter, puisque Hésychius ex-plique l’un par l’autre”.
Ligne 7, àve<jTpaj;.p.évMV. . ww; xal &ix[atw;]. De même dans len° 2270 du Corpus , xaXG; xal sv^o^w; àvacTpatpEi;. Plus bas, ligne 55 ,ce verbe reçoit un complément âvacTpaçévTa; iu. tzôlgw àveyXïiTw; eù-spysTTixévai tov ^vipiov. Sur cette construction, où l’on peut suppléertocTE devant l’infinitif, voyez la grammaire de Matthiæ, § 532 , 4 °-ÂvauTpÉcpEoÔai, dans Polybe a très-souvent le sens de se conduire ,agir , versari. Voyez le lexicon Polybianum de Schweighæuser. s. v.
Ligne 8, xa[8]c6[;]. Cette expression que Sturz, d’après l’autoritéde Manuel Moscliopulus, rattache au dialecte alexandrin, ne se ren-contre pas,il est vrai,chez les écrivains attiques,maiselleest assezsou-vent employée dans les auteurs et dans les inscriptions de l’époqueromaine. Nous en avons un exemple dans l’inscription du pont deMégalopolis? 8 , et un autre encore dans un monument de Syros ”.
Ligne i 3 , /.a [tx] £evi<ï|/.o , v. L’emploi de ce mot, dont je ne trouvepas d’exemple dans le Corpus , paraît appartenir à l’époque alexan-drine. Du moins il 11e se rencontre pas dans les écrivains altiqucsqui se servent dans le même sens de ^evkti; 80 et de ^Evo&oyt'a 81 . Lesexemples les plus anciens qu’en fournissent les lexiques sont emprun-tés à Plutarque 82 et à Lucien 83 . Notre inscription prouve évidem-ment qu’il était usité avant notre ère. D’ailleurs des écrivains an-térieurs à Plutarque et à Lucien 8 4 , l’emploient dans le sens méta-phorique , qui naturellement ne peut avoir été adopté que posté-rieurement au sens propre de ce mot.
65 Strabon XVII, I, 12. Voyez le savant rapport de M. Hase sur quelquesinscriptions latines récemment decouvertes dans lancienne régence d'Alger , p. 24.
66 Corp. Inscr. gr. i 346.
67 M.Boeckh, t. I,p. 657, ne paraît pas avoir suffisamment précisé le sens qu’aici ce mot. Voici l’explication qu’il en donne: AdcouoSot/,; non spartanus magistra-tus, sed judex vel arbiter ab Imperatore lectus.
68 io33, 2.
69 691, 7.
70 113, 2.
71 1101,6.
72 Voyez K. Dietr. Hullmann Stœdtewesen des Mittelalter, t. III, p. 253.A cette époque, Brescia fournissait des podeslà à un très-grand nombre de villesitaliennes, comme au I er siècle avant J. C.,Andros fournissait des juges aux citésgrecques de l’Asie Mineure. Hullmann, Op. cit. p. 254. 522, 533, 536 et 547-
73 A Arles, à Marseille, à Nice, à Tarascon et à Avignon . Voyez Papon, Hist.générale de Provence , t. III, p. 5o4. « Pour empêcher que le podestat ne tombâtdans les inconvénients où des raisons de parenté et d’amitié pouvaient entraînerles consuls, on avait soin de le prendre dans les villes voisines et le plus souventdans quelque république d’Italie . » Papou, ibid. p.5o5. C’est ainsi, par exemple,que Perceval Doria, de Gènes , fut appelé pour remplir cette magistrature, en1223 à Avignon, en i23i à Arles, en 1232 et 1238 à Avignon . Papon, ibid. p. 512,536 et 537.
74 Ordonnance du 23 mars i3o2 : « 27. Item. Nolumus quod aliquis preficia-« tur in senescullum, baillivum, vel préposition, judicem vel vicarium autbaju-« lum in loco unde oriundus dicitur. » Ordonnances des rois de France, t. I,p. 362.
75 Dans l’ordonnance du mois de mars 1355 « faite en conséquence de l’assem-blée des trois estais du royaume de France de la Languedoil, contenant plusieursréglemens sur différentes matières, « il est dit, art. 8 : « Comme Nous avons« entendu que le Peuple a esté et est moult grevez, tant par ce que Prevostés,« Vicontés, Clergies et autres Offices pluseurs au temps passé, ont esté bailliés« à Ferme et de ce moult de maulz et d’inconvéniens sont venus, comme (parce« que) aucun de ceuls qui tiennent les-diz Offices ainsi à Ferme ne pensent« que rober et exiger indeuement les subgez, et pluseurs en y a des-diz Offi-« ciers qui ne sont pas dignes d’avoir ne exercer telz Offices, comme pareeque« les Baillifs, Seneschaux et Vicontés ont esté juges ès Pays dont ils sont ; Nous« qui voulons monstrer bons examplcs aux haulx Justiciers et autres subgez,« avons ordonné et ordonnons que Prevostés, Tabellionnages, Vicontés , Cler-« gies et autres Offices appartenans au fait de Justice ne seront plus vendues« doresnavant ne baillées à Ferme, mais en Garde et par le conseil des Gens« des Pays et du pays voisin , et que les Baillifs, Seneschaux et Vicontés ne seront« point Juges ès Pays dont ils sont nez ou demourans; et se aucuns en y a, Nous« voulons qu’ils soient ostez, et Nous mêmes par ces présentes les ostons du tout.»
78 Corpuslnscr.gr. n°2i66’.
77 Kpipata • vJ/r,cpoi, SiV.ca.
78 T. II, p. 48.
79 Corp. Inscr. gr. n° 2347, c. I. 24. Voyez aussi n° 2798.
80 Thuc. VI, 46.
81 Xen. OEcon. IX, 10.
82 Thés. c. 14, De/netr. e. 12, Symp. 7 sap. i5, p. i58 C.
*3 DeSaltat. 45. t. II, p. 296.