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Bien entendu que par là on a voulu dire que la statue étaitmonolithe ainsi que la base, et non pas que l’une et l’autre étaientd’un meme bloc. Le creux, pratiqué dans la partie supérieure dupiédestal, à une profondeur qui varie de 63 à 83 centimètres, étaitévidemment destiné à recevoir le tenon laissé au-dessous du colossecomme moyen de consolidation, et ne permet pas par conséquentd admettre que la statue et la base se tenaient sans solution de continuité.O ailleurs il est un fait historique qui, dans l’absence même de labase, vue par tant de voyageurs, ne peut laisser d’incertitude surcette question. Plutarque nous apprend que ce même Nieias, au-quel l’expédition des Athéniens en Sicile a donné une si glorieuse et sitriste célébrité, ayant été vainqueur dans lesjeux célébrés à Délos , oùil avait été envoyé comme archithéore, consacra au dieu protecteur del’île une palme d’airain d’une dimension extraordinaire, qui, ayantété brisée par le vent, tomba sur la grande statue des Naxiens etla renversa 10 . Or, si la statue et la base eussent été d’un seul bloc,la résistance du colosse étant plus grande, le dégât se serait bornéà quelques membres, et la restauration n’aurait vaisemblablementpas été assez importante pour motiver une seconde consécration;car les caractères de l’inscription Nd£toi Àtto'XXco [vi] dénotent 11 uneépoque qui doit être postérieure à l’oî. XC, 3 (av. J. G. 4 f 8)i où,suivant les calculs de M. Boeckh I2 , eut lieu l’archilhéorie de Nieias.
2 .
Inscription gravée sur un cippe et copiée par MM. Ravoisié etPoirot (Voyez t. III, pl. ii, fig. 1 ).
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Il est fâcheux que les artistes auxquels nous devons la copie del’inscription que nous reproduisons ici n’aient pas employé le pro-cédé de l’estampage, qui, sans doute, nous eut fourni le moyen delire quelques lettres de plus aux dernières lignes, et de restituerles premières avec quelque certitude, puisqu’on aurait eu par là lesdimensions exactes des lacunes. Mais ce qui est surtout à regretter,
9 Loc. cit., p. 27.
10 'O SI cpoîvi? exîîvo; utto tojy TtvEujjtctT<ov àvaxXajOeti; ivÉïreas tw Naçiojv àvSpiavTiTÔi [Xi-faXt.) xai CtVETpE'ts. Plut. loc. cit.
11 Cette inscription est sans doute la même que celle dont il est question dansune lettre adressée à M. lé duc de Blacas, qui a été insérée dans le bulletin de1 Institut archéol. i83o, p. 10.
” OEcon. pol. des Athéniens, t. II, p. ?.3o.
Inscr. 2. — ‘ Inscr. de Ténos, n° 6, p. 5 et suiv. Corpus Inscr.gr., n° 126.Cf. ïnscr. d’Andros, n° 16. .— L’inscription de Ténos , comme la nôtre, com-mence par la formule ’A^aOîi tuy-p suivie d’une date très-exacte. Le n° 126 du
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c’est que ce monument ait été ainsi mutilé; car, indépendammentdes notions historiques qu’il renfermait, il nous eût offert un exempleprécieux du dialecte éolien, dont malheureusement il reste si peu detraces.
Dans l’état actuel de notre inscription, il est assez difficile d’ensaisir le sens; je crois cependant, après un examen attentif, qu’elleétait destinée à consacrer le souvenir d’une de ces associations (<jup.ë«o-dont nous avons donné un exemple plus haut 1 , formée dansle temple d’Apollon, le dieu des Lesbiens 2 , par des citoyens desquatre principales villes de l’île de Lesbos . C’est ce qu’on peut con-jecturer des mots xatnyv [octov] et <piXov qu’on lit aux lignes 1 3 et 1 4- Enconséquence je proposerai la restitution suivante, pour laquelle je mesuis réglé sur la ligne 3 qui fournit, à n’en pas douter, la véritablelongueur de la pierre :
ÂyaOâ Tuya. È-l -rpoTavio; s[(z] M [uTilava chïvo;]
©sXaiciw, sv &è Ma[ô]uptva im irpor[avioç rîâvoç tou &etvo;, sv]ÀvTi<7<7a[S’]êir! TrpoTav[i]oç RXea<pev[. . ., èv Èpsow £’s~t TjpoTavt-]
0 ; Ày£p.opTw Me [a] a [v] raw, p,voç Aa [. dj]
5. tov ael [y]povov èa yJ<j <jm sttI tûv o[pzwv.çOaav]
[£]è {nrapyoîtrav auToîot tmv a[.. ev MuTiXava
IloXu&euxviç Mé[r]cüVo; Eùa[y]év7j À[., âeîva tou ^eTvoç]
Épp.oysvv) À [S] pacTM , s[v ]-&'e M[a]9up.[va ^eïva]
Ziaikoi Aap’.o&ixetw A[iy]v) Aiovu<7o[rî]w[pw &£tva tou ^avoç]
10 . Éyét'Sa ©eoxXe^T] w , [A] u.pù&[a] ; Ây[vi] p-wv [iJau ÿeïva]
tm 2xau.àvS [p] w, [èv] À[v]T[icr(7a Sè Iloj'X [u^] w[po; ^eîvo; &séva][lA]auxwvoç, [è]v [Èp]é[c]w[^à üjo^To’vjo^ç T]a[upou ^eîva Euxpi-]
[t] w xaciyv [aTOV.J
[xajl çîXov, l[(j.;j.evai ira] vTa; ..
Sans prétendre que cette restitution soit la reproduction rigoureusedu monument primitif, surtout dans quelques-uns des noms propres,on peut penser que notre inscription offrait à peu près le senssuivant :
A la bonne fortune,
Etant prytane h Mytilène , un tel fils de Thelœsius, à Me-thymne, un tel fils d’un tel, à Antissa Cléaphène (?) fils d’untel, à Erèse Agemortus fils de Mêlante ; au mois Da .
Voulant.pour tout le temps à venir consacrer par les sermentsd’usage l’amitié intime qui existe entre eux par suite des... ontjuré de prendre pour frère et pour ami :
Pollux fils de Méton, Evagènefils d’A...;
Un tel fils d’un tel , Herrnogènefils d’A (Iras te; -
A Méthymne :
Un tel fils de Zoïlefils de Damodiceius, Egée (?) fils de Diony-soclore ;
Un tel fils d’un tel, Echéide f ils de Théoclitus ;
Amrnidasfils d’Hégémonide , un tel fils du Scamandre;
A Antissa :
Polydore fils d’un tel, un tel fils de Glaucon;
A Erèse :
Pontonoüs fils de Taurus, un tel fils d’Éucrite;
Tous, ils seront, etc.
Corpus, se rapportant comme l’inscription de Délos , à une société d’amis (tpîXoiavSpsç) indique aussi la date précise, c’est-à-dire, l’année, le mois et le jour :
pywv pÈv ïaupinxo;, txxàp (xvjv Mouvuyywv rp ,oxTWxaiSexaTïi S’ spavov auvaYOV cpi'Xoi avSpsc,xai xoivvj pouXîj 0ô!7p.ov îptXfvjç UTTc'ypa'j/av.
Viennent ensuite les statuts de la société (vo'po; èpavitmov).
1 Apollon était chez les Lesbiens l’objet d’un culte tout particulier. VoyezPlehn, Lesbiaca. Berolini, 1826, 8°, p. n5 et suiv.